La performance des motos électriques Stark Varg lors de l'ouverture de la saison de World Supercross à Calgary n'est pas passée inaperçue. Yarrive Konsky, propriétaire du Konsky Motorsport Group (KMG), s'interroge ouvertement sur l'équité entre motos électriques et thermiques lorsque les conditions environnementales entrent en jeu.
Au cœur du débat : l'altitude de Calgary. Le McMahon Stadium est situé à environ 1 045 mètres au-dessus du niveau de la mer, une donnée susceptible de pénaliser les moteurs thermiques atmosphériques, contrairement aux motorisations électriques.
Pour Konsky, qui dirige notamment la structure américaine Quad Lock Honda, le problème n'est pas la présence de motos électriques en compétition mais la manière dont leur équivalence avec les machines traditionnelles est déterminée.
« Ma préoccupation a toujours été la parité »
Yarrive Konsky reconnaît avoir été opposé à l'arrivée de Stark dans le championnat, mais précise que cette position n'est pas motivée par un rejet de la technologie électrique.
Il estime au contraire que celle-ci a sa place en compétition. Son inquiétude concerne la parité entre deux technologies de propulsion fondamentalement différentes.
En altitude, la densité de l'air diminue. Un moteur thermique atmosphérique dispose donc de moins d'oxygène pour assurer sa combustion et peut perdre une partie de ses performances.
Un moteur électrique ne dépendant pas de l'oxygène pour produire sa puissance, il n'est pas affecté de la même manière.
Et c'est précisément ce qui inquiète Konsky après les performances observées à Calgary.
L'altitude n'aurait pas été prise en compte
Le patron de KMG soulève surtout un point particulièrement sensible.
Selon lui, un responsable de la FIM lui aurait indiqué que l'altitude n'avait pas été prise en compte dans l'évaluation de la parité entre les différentes technologies.
Une situation qu'il juge préoccupante.
Pour Konsky, si le World Supercross souhaite faire courir ensemble motos électriques et thermiques pour les mêmes titres, l'organisme chargé de la réglementation doit anticiper l'ensemble des paramètres susceptibles d'avantager une technologie par rapport à l'autre.
Il estime qu'il ne faudrait pas découvrir ces différences une fois arrivé sur le lieu de la compétition.
Les Stark impressionnent au départ
Cette polémique intervient après une nette progression des Stark par rapport à leurs performances observées lors de la précédente campagne de World Supercross.
Au Canada, les motos électriques ont notamment réalisé des départs particulièrement impressionnants, remportant les holeshots dans toutes les courses de la soirée sauf une.
En SX2, l'Américain Michael Hicks a terminé deuxième du classement général, tandis que son coéquipier Brian Hsu s'est également montré très compétitif.
Les Stark ont aussi joué les premiers rôles en SX1.
Vince Friese a terminé quatrième, tandis que l'Espagnol Jorge Zaragoza s'est classé sixième, après avoir notamment décroché une deuxième place lors du deuxième sprint.
Des performances qui ont naturellement alimenté les discussions autour de l'avantage potentiel procuré par la motorisation électrique dans les conditions rencontrées à Calgary.
Un débat qui dépasse Stark
Pour Konsky, il ne s'agit toutefois pas simplement de contester les résultats obtenus par Stark.
La question concerne plus largement l'avenir d'un championnat qui fait désormais cohabiter des technologies très différentes.
Température, altitude, caractéristiques des circuits ou encore conditions atmosphériques pourraient potentiellement modifier le rapport de forces entre les machines. Le défi pour la FIM consiste donc à établir un cadre permettant de préserver une compétition jugée équitable par l'ensemble des constructeurs et équipes.
Les organisateurs du World Supercross ont d'ailleurs réagi aux interrogations en publiant leur propre explication concernant les performances de Stark à Calgary.
L'arrivée de l'électrique au plus haut niveau du Supercross mondial était déjà susceptible de faire débat. Après seulement la première manche de la saison, la question de la parité entre thermique et électrique s'impose désormais comme l'un des sujets majeurs du championnat.
