Le très chaotique Grand Prix moto de Catalogne continue de provoquer de nombreuses réactions dans le paddock MotoGP. Après les critiques de Pedro Acosta et les tensions apparues après les multiples accidents de la journée, Francesco Bagnaia a lui aussi pointé du doigt certaines décisions prises dimanche à Montmeló.
Le pilote Ducati Lenovo Team avait déjà lancé le débat dès jeudi en regrettant le désintérêt général des pilotes pour les réunions de la Commission de Sécurité organisées chaque vendredi en Grand Prix.
“Comment peut-on dire que quelque chose ne fonctionne pas si on ne fait même pas l’effort d’essayer ?”, s’interrogeait alors Bagnaia.
Autrefois très suivies par l’ensemble du paddock, ces réunions ne réuniraient aujourd’hui plus qu’une poignée de pilotes, notamment Bagnaia, Luca Marini et Jack Miller.
Et après les événements extrêmement tendus de ce dimanche — accident grave, pilotes évacués vers l’hôpital, deux drapeaux rouges et trois départs arrêtés — le champion du monde italien estime que cette situation doit absolument évoluer.
Luca Marini a d’ailleurs publiquement soutenu Bagnaia, allant même jusqu’à le désigner comme un possible leader naturel des pilotes sur ces sujets liés à la sécurité.
“Avant, nous participions tous aux réunions et nous votions ensemble sur les changements nécessaires. Aujourd’hui, nous ne sommes plus que trois, et il devient très difficile de se faire entendre”, a expliqué Marini.
Concernant la décision de relancer une troisième fois la course après les multiples accidents, Bagnaia a reconnu que plusieurs situations lui avaient semblé très discutables.
“Nous sommes ici pour courir et donner le maximum. Ce ne sont pas les pilotes qui prennent les décisions, mais nous pouvons influencer certaines choses grâce à la Commission de Sécurité.”
Le pilote Ducati n’a toutefois pas voulu attaquer frontalement la direction de course, tout en laissant clairement entendre qu’il n’était pas favorable à cette troisième procédure de départ.
“Personne n’oblige personne à prendre le départ. Si vous ne voulez pas partir, vous ne partez pas. Mais aujourd’hui, selon moi, ce troisième départ était forcé.”
Le week-end de Bagnaia a lui aussi été marqué par un énorme accident lors de la deuxième procédure de départ avec Johann Zarco, violemment impliqué dans l’incident.
Finalement, l’Italien a terminé sur le podium dans des circonstances totalement improbables après les pénalités infligées à plusieurs pilotes pour non-respect des pressions minimales des pneus, notamment Joan Mir.
“Je ne pense pas que je méritais vraiment ce podium”, a reconnu Bagnaia.
“Mais les gars du garage, eux, le méritent. Ils travaillent énormément et nous faisons tous le maximum pour obtenir des résultats.”
Malgré les difficultés rencontrées sur le circuit catalan, Bagnaia préfère retenir les progrès affichés depuis plusieurs courses.
“Comme le week-end dernier, nous étions rapides. Nous travaillons bien et nous devons simplement réussir à saisir toutes les opportunités.”
Les déclarations du pilote Ducati viennent encore renforcer les débats autour de la sécurité et de la gestion des drapeaux rouges en MotoGP après une journée qui restera probablement comme l’une des plus controversées de ces dernières années.
