MotoGP : pourquoi le freinage reste l’art ultime des pilotes


Dans le MotoGP moderne, freiner une moto lancée à plus de 350 km/h ne consiste pas simplement à « tirer le levier le plus tard possible ». Derrière les freinages spectaculaires des pilotes se cache en réalité une discipline extrêmement complexe et technique.

Beaucoup de fans associent encore le freinage MotoGP à la célèbre phrase de Kevin Schwantz :

« See God, then brake. » 

«Voir Dieu, puis freiner» 

Une citation devenue mythique après son dépassement légendaire sur Wayne Rainey à Hockenheim en 1991.

Mais en réalité, le freinage en MotoGP est bien plus subtil qu’un simple freinage ultra tardif.

Les pilotes doivent gérer simultanément la limite d’adhérence du pneu avant, le frein moteur, l’utilisation du frein arrière et le transfert de masses, tout en relâchant progressivement la pression sur les freins à mesure que la moto entre dans le virage.

Le choix du matériel joue également un rôle énorme.

Brembo propose par exemple plusieurs types de disques différents aux équipes MotoGP : des disques 320 mm, 340 mm ou même les énormes 355 mm utilisés sur certains circuits très exigeants comme Motegi ou Spielberg.

Les pilotes travaillent aussi énormément sur le réglage du maître-cylindre, la distance du levier ou encore le nombre de doigts utilisés au freinage.

Certains freinent avec un doigt, d’autres avec deux, voire trois selon leur style de pilotage et la sensation recherchée.

Pilote de Pertamina Enduro VR46 Racing Team, Fabio Di Giannantonio estime d’ailleurs faire partie des meilleurs freineurs du plateau.

« Je suis un bon freineur, oui. »

Une affirmation qui peut aujourd’hui être confirmée grâce aux données extrêmement précises analysées par les constructeurs.

Le pilote italien explique que les ingénieurs disposent désormais de nombreux outils pour comparer très précisément les performances des pilotes au freinage.

« Avec les données, on peut clairement voir si vous êtes bon au freinage ou non. »

Di Giannantonio souligne également un phénomène très fréquent en course : lorsqu’un pilote suit un adversaire, il a souvent l’impression d’être meilleur au freinage car il retarde légèrement son point de freinage par rapport au pilote devant lui.

À l’inverse, le pilote de tête semble souvent plus performant à l’accélération en sortie de virage puisqu’il peut remettre les gaz plus tôt.

Le freinage reste donc aujourd’hui l’un des domaines les plus techniques et déterminants en MotoGP, où chaque détail peut faire gagner ou perdre plusieurs dixièmes au tour.

Plus récente Plus ancienne