F1 – Frédéric Vasseur sceptique face à l’idée d’un moteur unique pour les équipes clientes


Alors que la FIA réfléchit déjà à l’avenir de la motorisation en Formule 1, Mohammed Ben Sulayem a évoqué la possibilité de faire appel à un motoriste indépendant pour fournir les équipes clientes. Une solution destinée notamment à réduire l’influence des constructeurs sur leurs partenaires, mais dont Frédéric Vasseur doute sérieusement de la faisabilité.

La Formule 1 vient à peine d'entrer dans une nouvelle ère technique avec la réglementation 2026 que les discussions concernant son avenir ont déjà commencé.

Parmi les pistes évoquées par le président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem, figure une proposition particulièrement importante : disposer à terme d'un motoriste indépendant capable de fournir une unité de puissance commune aux équipes ne disposant pas de leur propre moteur.

L'idée s'inscrit notamment dans le débat autour des relations entre les grandes équipes et leurs structures clientes.

Ben Sulayem veut réduire l'influence des grandes équipes

Le président de la FIA s'interroge sur la dépendance de certaines écuries vis-à-vis des constructeurs qui leur fournissent leurs moteurs.

Selon lui, cette relation pourrait potentiellement donner aux équipes d'usine une influence sur les décisions prises par leurs clientes.

« Il n'y aura aucun contrôle des équipes, d'une équipe A sur une équipe B à laquelle elle fournit ses moteurs », expliquait récemment Mohammed Ben Sulayem.

Le dirigeant va même plus loin en imaginant une motorisation indépendante commune.

« Si cela est abordable, nous aurons un moteur pour le reste des équipes B, afin que personne ne puisse faire pression sur elles en leur disant : “Votez dans ce sens, sinon nous ne vous donnerons pas un bon moteur.” »

Une proposition qui aurait évidemment des conséquences importantes pour les constructeurs actuellement présents en Formule 1.

Vasseur : « Tout est possible »

Ferrari est directement concernée par cette réflexion puisque la Scuderia fournit actuellement des unités de puissance à plusieurs équipes clientes.

Interrogé sur la possibilité de voir apparaître un motoriste indépendant, Frédéric Vasseur n'écarte pas totalement l'idée.

Mais le patron de Ferrari reste sceptique.

« Tout est possible. Si quelqu'un veut fabriquer un moteur aujourd'hui, il peut le faire. C'est une question de performance. »

Et c'est précisément là que se situe, selon lui, la principale difficulté.

« Je ne sais pas si c'est vraiment très réaliste. »

Construire un moteur n'est pas le véritable problème

Pour Frédéric Vasseur, concevoir une unité de puissance de Formule 1 n'est pas nécessairement l'obstacle le plus important.

Le véritable défi consiste à produire un moteur suffisamment performant pour rivaliser avec ceux développés par les grands constructeurs engagés dans la discipline.

« Construire le moteur, ce n'est pas complexe. Ce qui est complexe, c'est le niveau de performance. »

Une différence fondamentale avec des championnats comme la Formule 2 ou la Formule 3, où toutes les équipes disposent d'une motorisation standardisée.

En F1, la performance du groupe propulseur reste l'un des éléments déterminants de la compétitivité.

Le plafond budgétaire complique encore le projet

Vasseur souligne également les contraintes économiques auxquelles serait confronté un éventuel nouvel arrivant.

Les motoristes évoluent désormais dans un environnement financier beaucoup plus encadré, avec un plafond des dépenses consacré aux unités de puissance.

Les possibilités de développement sont elles aussi réglementées.

Pour le Français, ces restrictions rendent particulièrement difficile la mission d'un constructeur qui partirait de zéro tout en devant rapidement atteindre le niveau des motoristes déjà établis.

« Avec le plafond budgétaire, je pense que cet exercice est très difficile si vous voulez être performant. »

Un motoriste indépendant devrait donc être capable non seulement de concevoir une unité de puissance fiable, mais également de rivaliser avec des constructeurs bénéficiant d'une importante expérience en Formule 1.

La FIA réfléchit déjà à l'après-V6 hybride

Cette proposition intervient alors que Mohammed Ben Sulayem a également évoqué ces dernières semaines une autre évolution beaucoup plus spectaculaire : un possible retour des moteurs V8.

La Formule 1 utilise actuellement les nouvelles unités de puissance hybrides introduites en 2026, mais les discussions sur la prochaine génération de moteurs semblent donc déjà ouvertes.

Reste à déterminer jusqu'où la FIA souhaite aller.

Entre un éventuel retour au V8, la réduction des coûts et maintenant l'idée d'une motorisation indépendante destinée aux équipes clientes, le futur règlement moteur pourrait profondément modifier l'équilibre actuel de la Formule 1.

Frédéric Vasseur ne ferme aucune porte. Mais pour le patron de Ferrari, une chose est claire : fabriquer un moteur de F1 est une chose, en fabriquer un capable de battre les meilleurs en est une autre.

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