Sami Pajari domine le Rally del Paraguay après deux journées marquées par les crevaisons. Fourmaux revient fort, Evans sous pression avant l’arrivée.
Sami Pajari garde la tête du Rally Paraguay malgré une bataille acharnée
Sami Pajari réalise une prestation remarquable au Rally del Paraguay. Le pilote Toyota aborde la dernière journée de l’épreuve en tête du classement général après avoir parfaitement évité les nombreux pièges qui ont frappé ses principaux adversaires.
Sur un terrain particulièrement exigeant, marqué par de nombreuses dégradations de pneus, le Finlandais a fait preuve d’une impressionnante régularité pour prendre le contrôle de son destin. Derrière lui, Hayden Paddon continue de surprendre pour son retour au plus haut niveau sur terre, tandis qu’Elfyn Evans et Adrien Fourmaux se livrent une bataille intense pour le podium.
Paddon crée la surprise avant les problèmes de pneus
Le début du Rally Paraguay avait réservé une énorme surprise avec Hayden Paddon aux commandes.
Le pilote néo-zélandais, qui effectuait sa première apparition sur un rallye terre de niveau mondial depuis près de dix ans, a rapidement retrouvé ses marques. Il avait même terminé la première boucle du vendredi avec plus de 20 secondes d’avance sur ses poursuivants.
Une performance exceptionnelle pour Paddon, qui n’avait plus occupé la tête d’un rallye WRC depuis le Rallye du Portugal 2018.
Mais les conditions difficiles ont rapidement redistribué les cartes.
Plusieurs pilotes ont été victimes de problèmes de pneumatiques, notamment Paddon qui a subi une délamination de son pneu avant droit. Sami Pajari a alors récupéré la première place, tandis qu’Elfyn Evans, leader du championnat, se rapprochait dangereusement.
Evans et Paddon victimes du même piège
Le scénario s’est répété dans la spéciale de Yerbatera, longue de 33,88 kilomètres.
Après avoir récupéré une courte avance de 0,5 seconde sur Pajari, Evans a lui aussi été victime d’un problème similaire. Son pneu arrière droit s’est complètement détruit, l’obligeant à terminer la spéciale sur la jante.
Cette mésaventure a offert une véritable bouffée d’air à Pajari, qui a traversé la spéciale sans rencontrer le moindre souci.
Le Finlandais terminait alors la journée avec 11,9 secondes d’avance sur Paddon et plus de 56 secondes sur Evans.
« C’était très propre pour moi. Je pense que c’est une loterie de savoir si vous prenez une crevaison ou non », expliquait Pajari après cette première journée.
Paddon reste impressionnant malgré deux crevaisons
Malgré deux problèmes de pneus, Hayden Paddon a continué d’impressionner.
Le Néo-Zélandais a encore perdu du temps sur la spéciale de Yabatera avec une nouvelle crevaison, mais il a réussi à limiter les dégâts et à rester dans la lutte pour la victoire.
« Tout le monde a eu des problèmes, donc si nous pouvons sortir de deux spéciales avec des crevaisons et rester à portée, nous avons été malchanceux mais aussi chanceux en même temps », expliquait-il.
Une performance qui confirme que Paddon n’a rien perdu de son talent malgré son absence prolongée du championnat du monde.
Fourmaux, le plus rapide mais pénalisé par les ennuis
Adrien Fourmaux a probablement été le pilote affichant le meilleur rythme pur durant la première partie du rallye.
Le Français a remporté quatre des huit spéciales disputées vendredi, mais ses performances ont été fortement compromises par des problèmes de pneus.
Il a notamment dû remplacer deux pneus arrière qui perdaient de la pression, dont un incident lui a coûté près d’une minute trente.
Malgré cela, Fourmaux occupait toujours la quatrième position et affichait clairement ses ambitions.
« Vous me connaissez, je n’abandonnerai jamais. Je vais pousser jusqu’au bout et voir où nous pouvons terminer », déclarait le pilote Hyundai.
Une journée noire pour plusieurs favoris
La journée de vendredi a également été marquée par plusieurs abandons importants.
Takamoto Katsuta et Thierry Neuville ont rapidement été contraints de quitter la course après des problèmes rencontrés dès le début d’une spéciale.
Le champion du monde en titre Sébastien Ogier a également abandonné, victime d’un problème de suspension qu’il a tenté de gérer avant de devoir jeter l’éponge.
Oliver Solberg a lui aussi connu une journée compliquée. Le pilote a perdu du terrain après avoir calé son moteur, nécessitant même l’aide d’un spectateur pour repartir. Une nouvelle crevaison a ensuite aggravé sa situation.
Samedi : Pajari creuse l’écart malgré une sortie de route
La deuxième journée a confirmé la solidité de Sami Pajari.
Malgré des prévisions météo annonçant des conditions plus difficiles, la pluie n’est finalement pas venue perturber les débats. Une situation qui a compliqué la stratégie de plusieurs équipes ayant préparé leurs voitures avec des réglages davantage adaptés à un terrain humide.
Pajari a continué à augmenter son avance au fil des neuf spéciales du samedi.
Le Finlandais a toutefois connu une petite frayeur lorsqu’il a glissé dans un fossé sur la spéciale d’Hohenau, arrachant la partie supérieure de l’aileron arrière de sa Toyota GR Yaris Rally1.
Cela ne l’a pas empêché de conserver son rythme.
À l’arrivée de la journée, son avance atteignait 22,8 secondes.
« Pour moi, c’est un défi différent de l’Estonie et de la Finlande. Ici, il faut davantage survivre », expliquait Pajari.
Le pilote Toyota restait néanmoins prudent :
« Beaucoup de choses peuvent encore mal tourner demain. C’est bien pour le moment, mais il est encore trop tôt pour parler de victoire. »
Fourmaux revient dans la course au podium
Si Pajari a impressionné par sa maîtrise, Adrien Fourmaux a été l’autre grand homme du samedi.
Parti avec près d’une minute de retard sur Elfyn Evans, le Français a réalisé une remontée spectaculaire.
Il a remporté les spéciales de Bella Vista Sur et Hohenau avant d’enchaîner trois nouveaux scratchs consécutifs.
Son retard sur Evans est ainsi passé à seulement 13,1 secondes.
Après la spéciale spectacle de Costanera remportée par Fourmaux, l’écart entre les deux hommes n’était plus que de 3,3 secondes avant la dernière journée.
« Je suis content du rythme. Je dois simplement trouver le bon équilibre pour préserver les pneus », expliquait Fourmaux.
Evans reconnaissait lui-même la performance du Français :
« Adrien est honnêtement dans un rallye différent de tout le monde. Il prend beaucoup de risques, mais nous verrons demain. »
Paddon toujours deuxième, Solberg remonte
Hayden Paddon conserve la deuxième place du classement général à l’issue du samedi, avec plus de trente secondes d’avance sur le duel Evans-Fourmaux.
Le pilote néo-zélandais a toutefois choisi de gérer davantage son rythme afin de préserver ses pneumatiques après les difficultés rencontrées vendredi.
Derrière lui, Oliver Solberg a réussi à remonter jusqu’à la cinquième place après les problèmes rencontrés par Josh McErlean.
Les deux hommes ne sont séparés que de six secondes.
Le héros local Diego Dominguez occupe quant à lui la septième position et mène la catégorie WRC2. Le Paraguayen a même vécu une situation insolite en disputant une partie de la matinée sans lunettes après les avoir oubliées sur le toit de sa voiture. Sa femme a dû lui trouver une nouvelle paire chez un opticien voisin.
Une dernière journée sous haute tension
Avec seulement quelques dizaines de kilomètres encore à parcourir, le Rally Paraguay est loin d’avoir livré son verdict.
Sami Pajari possède une avance intéressante, mais les nombreux incidents mécaniques et pneumatiques survenus depuis le départ rappellent que rien n’est jamais acquis sur cette épreuve.
Hayden Paddon rêve d’un exploit pour son retour au plus haut niveau, tandis qu’Adrien Fourmaux semble prêt à tout tenter pour décrocher un nouveau podium.
La dernière journée promet donc un final spectaculaire.
