Ford va franchir une nouvelle étape importante dans le développement de son futur Hypercar destiné au Championnat du monde d’Endurance. Pour la première fois, le constructeur américain fera rouler deux exemplaires de son LMDh lors des essais de Monza, programmés du 27 au 30 octobre.
Jusqu'à présent, Ford avait réalisé ses trois premières séances avec une seule voiture, successivement au Paul Ricard, à Portimão puis à Silverstone. Le passage à deux prototypes doit permettre d'accélérer considérablement le travail avant les débuts officiels de la marque en catégorie Hypercar du WEC en 2027.
Le nom définitif de la voiture, qui utilise un châssis fourni par ORECA et un V8 Coyote de 5,4 litres, doit par ailleurs être révélé dans les prochaines semaines.
Deux Ford pour « apprendre deux fois plus vite »
Dan Sayers, responsable du programme Hypercar WEC de Ford, considère l'arrivée du deuxième prototype comme une avancée majeure.
Elle va certes rendre les essais plus complexes sur les plans opérationnel et logistique, mais elle permettra surtout de diviser les programmes de développement.
« La beauté d'avoir désormais deux voitures lors des essais, c'est que nous pouvons en consacrer une aux systèmes de contrôle tandis que l'autre peut travailler uniquement sur les réglages mécaniques. Nous pouvons ainsi apprendre deux fois plus et deux fois plus rapidement. »
Le programme entre désormais dans une nouvelle phase. Les systèmes essentiels étant opérationnels, Ford peut davantage concentrer ses efforts sur leur développement en fonction des pilotes et du comportement du châssis.
Monza, Imola puis un premier test d'endurance
Après Monza, Ford doit poursuivre ses essais à Imola avant une échéance particulièrement importante : le premier véritable test d'endurance du programme.
Celui-ci se déroulera en novembre à MotorLand Aragón.
Cette séance doit permettre à Ford d'accumuler les kilomètres et surtout de détecter les problèmes susceptibles d'apparaître sur de longues périodes de fonctionnement.
Les enseignements recueillis en Espagne seront ensuite intégrés à la voiture avant un autre test d'endurance majeur prévu à Sebring au début de l'année 2027.
Et ce rendez-vous américain sera particulièrement important.
« Comme nous le savons tous, Sebring est un circuit qui peut vraiment casser les voitures, donc nous voulons y aller pour tester la durabilité », explique Sayers.
Ford prévoit également de rouler au Circuit of The Americas, qui figure au calendrier du WEC.
Déjà plus de 1 000 kilomètres au Paul Ricard
Les premiers essais semblent encourageants concernant la fiabilité du nouveau prototype.
Ford avait notamment dépassé les 1 000 kilomètres au Paul Ricard, avant d'en parcourir environ 1 300 à Silverstone.
Pour autant, le constructeur sait que la préparation d'une voiture destinée aux grandes épreuves d'endurance se joue souvent dans les détails.
« Pour le moment, les choses se passent bien en termes de fiabilité. Nous apprenons évidemment en permanence », souligne Sayers.
« Ce sont généralement les petites choses qui vous piègent dans les courses les plus longues. Cela peut être un faisceau qui frotte ou d'autres petits détails de ce genre. Nous devons les identifier, les enregistrer puis les corriger. »
Le V8 Coyote 5,4 litres au cœur du développement
Une grande partie du travail concerne naturellement le groupe motopropulseur.
Le châssis et la boîte de vitesses reposent en partie sur des éléments déjà éprouvés dans l'écosystème LMDh. Ford doit en revanche développer et fiabiliser son propre moteur.
La future Hypercar sera propulsée par un V8 Coyote atmosphérique de 5,4 litres.
« Nous apprenons énormément sur le groupe motopropulseur et son développement évolue constamment », confirme Sayers.
Plusieurs configurations doivent ainsi être évaluées pendant les prochains essais.
L'objectif est d'arriver à MotorLand Aragón avec une spécification très proche de celle qui sera finalement utilisée en compétition.
Six pilotes déjà confirmés
Ford a également bouclé le recrutement des six pilotes de son programme Hypercar.
Le premier trio annoncé était composé de :
Mike Rockenfeller, Seb Priaulx et Logan Sargeant.
Ils ont ensuite été rejoints par :
Matt Campbell, Nick Yelloly et Tom Blomqvist.
Tous ont déjà eu l'occasion de prendre le volant du prototype.
En revanche, Ford n'a pas encore décidé comment ses six pilotes seront répartis entre les deux voitures engagées en WEC.
Les équipages décidés après MotorLand Aragón
Le constructeur américain souhaite notamment observer le fonctionnement de ses pilotes pendant le premier test d'endurance avant de composer ses équipages définitifs.
« Nous n'avons pas encore décidé qui sera dans quelle voiture », confirme Sayers.
« Cela viendra vers la fin de l'année, lorsque nous aurons effectué notre premier test d'endurance et que nous aurons vu comment ils fonctionnent ensemble. »
La décision ne reposera pas uniquement sur les performances pures.
Les différences de taille, les réglages ergonomiques et la complémentarité entre les pilotes feront également partie des critères.
Ford ne souhaite donc pas précipiter son choix.
Le nom de l'Hypercar bientôt révélé
Une autre information importante arrivera avant la fin de l'année : le nom officiel de la nouvelle Ford LMDh.
Celui-ci doit être dévoilé dans les prochaines semaines.
En attendant, le programme de développement va considérablement s'intensifier : deux voitures à Monza, un passage par Imola, un premier test d'endurance à Aragón puis des essais américains à COTA et surtout Sebring.
Après avoir déjà accumulé plusieurs milliers de kilomètres avec son premier prototype, Ford entre désormais dans une phase décisive de sa préparation avant son arrivée en Hypercar dans le WEC en 2027.
