Danilo Petrucci a vécu un week-end particulièrement émouvant sur le circuit de Jerez. À 36 ans, le pilote italien a disputé sa dernière manche du Championnat du monde Superbike, mettant un terme à un chapitre important de sa carrière. Entre gratitude envers BMW, souvenirs de ses victoires et révélations sur les conséquences de son accident de Most, l'ancien pilote MotoGP s'est livré avec une sincérité rare sur son parcours et son avenir.
Danilo Petrucci quitte le WorldSBK avec beaucoup d'émotion
Le circuit de Jerez a été le théâtre d'un moment particulier pour Danilo Petrucci. Après plusieurs saisons passées à se battre parmi les meilleurs pilotes du WorldSBK, l'Italien a fait ses adieux au championnat à l'occasion de la dernière manche de la saison 2026.
Un moment difficile à vivre pour celui qui a consacré une grande partie de sa vie à la compétition motocycliste.
« Cela a été une très belle journée, particulièrement émouvante pour moi. Hier soir, j'ai eu du mal à dormir. Ce parcours a été incroyable et je n'aurais jamais imaginé vivre tout cela. Je suis très heureux », a-t-il confié dans le paddock de Jerez.
Au moment de dresser le bilan, Petrucci préfère retenir les expériences vécues plutôt que les objectifs qui lui ont échappé.
« Je suis revenu en Superbike parce que je voulais devenir champion du monde »
Lorsque Danilo Petrucci a choisi de rejoindre BMW, son ambition était claire : décrocher enfin un titre mondial.
Après avoir connu le MotoGP, le rallye-raid et le Superbike, le pilote italien espérait ajouter une couronne à son palmarès.
« J'ai décidé de revenir en Superbike parce que je voulais gagner un championnat du monde. C'est pour cette raison que j'ai signé chez BMW. »
Mais sa saison 2026 n'a pas répondu à ses attentes.
« Finalement, les choses ne se sont pas passées comme nous l'espérions, mais nous avons tous donné le meilleur de nous-mêmes. Je tiens à remercier toutes les personnes qui m'ont accompagné dans cette aventure. »
L'Italien souligne notamment la confiance accordée par le constructeur allemand.
« Je veux remercier BMW pour tout son soutien. Les résultats n'ont pas été ceux que nous souhaitions, mais je suis très fier de ce que nous avons accompli. »
Petrucci mesure également le chemin parcouru depuis ses débuts.
« J'ai eu la chance d'être pilote officiel pour Ducati, KTM et BMW, trois des constructeurs les plus importants d'Europe. Pour quelqu'un qui vient d'une région rurale d'Italie, c'est quelque chose dont je ne peux qu'être fier. »
Du MotoGP au Dakar, un parcours hors du commun
Danilo Petrucci possède une trajectoire singulière dans l'histoire récente du sport motocycliste.
Vainqueur en MotoGP, il a ensuite relevé un défi radicalement différent en participant au Rallye Dakar, où il a réussi à remporter une étape.
Il est par la suite revenu à la vitesse sur circuit, cette fois en Championnat du monde Superbike, où il a également goûté à la victoire.
Une polyvalence dont il tire une immense satisfaction.
« Gagner en MotoGP, puis participer au Dakar et y remporter une étape, avant de revenir sur circuit et de gagner en Superbike… Tout cela m'a permis de réaliser énormément de rêves. »
Même sans titre mondial, Petrucci estime avoir accompli quelque chose d'exceptionnel.
« Quand j'étais enfant, je rêvais de devenir champion du monde. Je n'y suis pas parvenu, mais j'ai réussi quelque chose d'unique : gagner sur l'asphalte, courir en dehors des circuits, puis revenir à la vitesse. »
Il retient aussi la portée symbolique de son histoire.
« Le plus beau, c'est d'avoir pu montrer au monde entier qu'une personne ordinaire pouvait accomplir des choses extraordinaires. Pour moi, c'est magnifique. »
Donington Park, Cremona et Jerez : les souvenirs d'une carrière
Interrogé sur ses meilleurs souvenirs en WorldSBK, Danilo Petrucci a évoqué plusieurs moments marquants.
Son premier podium à Donington Park, sa première victoire à Cremona et ses affrontements avec les meilleurs pilotes du championnat occupent une place particulière dans sa mémoire.
Mais sa dernière course à Jerez pourrait finalement devenir l'un de ses souvenirs les plus forts.
« Peut-être aujourd'hui. Pendant les cinq derniers tours, je pensais au nombre de personnes qui auraient aimé être à ma place, au guidon d'une BMW et avec la meilleure moto que la marque puisse construire. »
Le pilote italien n'oublie pas non plus les difficultés rencontrées cette année.
Après avoir régulièrement lutté pour les podiums depuis le début de la saison 2024, il pensait que son arrivée dans l'équipe officielle BMW lui permettrait de franchir une nouvelle étape.
« En 2026, j'ai réalisé cet objectif en devenant pilote officiel BMW. Malheureusement, les choses ne se sont pas passées comme nous l'espérions. »
Malgré les déceptions, il refuse de remettre en question l'investissement de son équipe.
« Depuis mon arrivée, j'ai ressenti les efforts énormes de toutes les personnes chez BMW. Je ne peux que les remercier. Je suis très heureux, satisfait et fier d'avoir fait partie de cette équipe. »
L'accident de Most a changé sa vision du risque
Au-delà des résultats sportifs, Danilo Petrucci a également abordé un sujet beaucoup plus personnel : sa relation au danger.
À 36 ans, le pilote italien reconnaît ne plus percevoir les risques de la même manière qu'au début de sa carrière.
« Quand on a 25 ans, on voit une situation dangereuse et on pense qu'il s'agit d'une opportunité. Avec l'âge, notre perspective change et nous commençons à accorder de l'importance à d'autres choses. »
L'accident survenu à Most a particulièrement marqué son esprit.
Petrucci révèle avoir véritablement craint pour son intégrité physique.
« À Most, j'ai eu peur de perdre mes jambes. C'est difficile à expliquer. Même lorsqu'on essaie de lutter contre la douleur, cette expérience reste gravée dans la tête. »
Cette peur a profondément influencé sa réflexion sur son avenir.
« Après la course, il y a une vie et je veux pouvoir en profiter. »
Le pilote estime également qu'il est essentiel de savoir reconnaître ses propres limites.
« Ma plus grande qualité, qui est aussi mon principal défaut, a toujours été d'être honnête avec moi-même. Quand je comprends que je ne peux pas piloter une moto comme elle l'exige ou en tirer le meilleur, je suis capable de le reconnaître et de prendre du recul. »
Une lucidité devenue encore plus importante lorsqu'il faut composer avec la douleur physique.
« Le bonheur ne dépend pas uniquement d'un championnat »
Si Danilo Petrucci quitte le WorldSBK, il n'a pas encore défini précisément la suite de son parcours.
Pour la première fois depuis longtemps, il souhaite surtout prendre du recul et privilégier son bien-être.
« Je ne sais pas ce que je vais faire. Ce que je veux, c'est aller bien et être heureux. »
L'Italien a compris que les résultats sportifs ne constituaient pas l'unique mesure d'une vie réussie.
« Le bonheur ne dépend pas uniquement du fait de remporter un championnat. Après tout ce que j'ai vécu, je veux simplement me sentir bien et profiter. »
Il reconnaît que cette dernière saison a été particulièrement éprouvante sur le plan personnel.
« Je suis content que cette saison soit terminée, parce qu'elle a été très difficile pour moi. »
Ses émotions restent néanmoins dominées par la reconnaissance.
« Quand je suis aussi ému, il m'arrive parfois de pleurer », avoue-t-il.
Un dernier message de reconnaissance envers BMW
Malgré une saison 2026 en deçà de ses ambitions, Danilo Petrucci ne garde aucune amertume envers le constructeur allemand.
Son passage chez BMW lui a permis de réaliser un rêve supplémentaire : devenir pilote officiel d'une troisième grande marque européenne.
« Je ne peux que remercier BMW de m'avoir donné cette opportunité. Je resterai toujours un supporter de BMW et je suis très fier de tout ce que nous avons accompli cette saison. »
Son avenir sportif reste à définir, mais son départ du WorldSBK marque la fin d'une aventure remarquable.
Vainqueur en MotoGP, au Dakar et en Superbike, Danilo Petrucci aura démon
