WEC 2027 : Alpine proche de la fin, le rachat par Geely s'éloigne et les pilotes cherchent un avenir


L'avenir d'Alpine en Championnat du monde d'endurance s'assombrit. Alors que le constructeur français doit quitter le WEC à l'issue de la saison 2026, les discussions visant à maintenir les prototypes A424 sur la grille en 2027 n'ont toujours pas abouti. La piste d'une reprise par Geely semble désormais compromise. Jules Gounon, Ferdinand Habsburg et Victor Martins se préparent à devoir poursuivre leur carrière ailleurs, tandis que Philippe Sinault refuse encore d'abandonner.

Le projet de reprise par Geely semble s'éloigner

Le programme Hypercar d'Alpine pourrait bien vivre ses dernières semaines en Championnat du monde d'endurance.

Depuis l'annonce du retrait du constructeur français à la fin de la saison 2026, Philippe Sinault, responsable de Signatech, multiplie les démarches pour tenter de préserver l'activité de son équipe.

L'objectif est de trouver un partenaire ou un constructeur capable de reprendre le programme et de maintenir les Alpine A424 en compétition dès 2027.

Parmi les pistes étudiées figurait notamment le groupe chinois Geely.

Mais les espoirs de voir ce dernier reprendre la structure semblent aujourd'hui s'être considérablement réduits.

Aucun accord n'a été annoncé et les pilotes ne semblent plus réellement envisager de retrouver leur prototype actuel sur la grille la saison prochaine.

Cette incertitude intervient alors que le marché des pilotes pour 2027 est déjà très avancé.

Jules Gounon : « Notre avenir est pratiquement décidé »

Présent dans le programme Alpine Hypercar depuis ses débuts en 2024, Jules Gounon ne cache pas sa déception.

Le Français estime que l'annonce tardive de l'arrêt du programme laisse très peu de possibilités aux pilotes de retrouver un volant dans la catégorie reine de l'endurance.

« Notre avenir est pratiquement décidé. Lorsque vous arrêtez un programme à la mi-octobre, le marché des pilotes est malheureusement déjà bouclé. »

Gounon ne s'attend donc pas à retrouver immédiatement un baquet en Hypercar.

« Je ne pense pas qu'il reste des opportunités dans le paddock pour obtenir un volant. Nous espérions que le programme continuerait, mais malheureusement, ce n'est pas le cas. »

Cette situation est d'autant plus frustrante que l'Alpine A424 a montré une progression significative au fil de la saison.

« Nous avons vécu une période incroyable. Lors des dernières courses, nous avons montré que nous pouvions nous battre pour la victoire. Malheureusement, elle nous a échappé à Fuji, mais c'est ainsi. »

Un sentiment d'inachevé pour le pilote français

Pour Jules Gounon, la disparition du programme intervient au moment où il estime avoir franchi un cap personnel au volant d'un prototype Hypercar.

« De mon côté, je suis un peu triste parce que j'avais vraiment le sentiment d'avoir beaucoup progressé cette année en Hypercar. Je sentais que j'avais ma place dans cette catégorie. »

Le Français connaît néanmoins les incertitudes inhérentes aux programmes constructeurs.

Il se souvient notamment de la fin de l'engagement de Bentley en compétition GT.

« J'avais ressenti la même chose lorsque le programme Bentley s'était arrêté. Ils l'avaient annoncé en décembre, à Kyalami. C'est comme ça dans le sport automobile. »

Gounon dispose toutefois d'une solution pour poursuivre sa carrière.

Il est lié contractuellement à Mercedes-AMG jusqu'à la fin de l'année 2028 pour ses activités en GT3.

Malgré tout, il regrette que l'association entre Signatech et l'Alpine A424 ne puisse pas être prolongée.

Selon lui, l'ensemble constitue une opportunité particulièrement intéressante pour un constructeur souhaitant rejoindre le WEC.

Il souligne notamment que la voiture est rapide et que l'équipe possède une expérience solide de la compétition.

Ferdinand Habsburg ne croit plus à une prolongation

Ferdinand Habsburg, lui aussi présent depuis le lancement du programme Hypercar Alpine, partage ce constat.

Le pilote autrichien explique qu'il ne s'attendait déjà plus à piloter l'A424 en 2027 avant même la première course de la saison à Imola.

« Avant la première course à Imola, je ne m'attendais pas à conduire cette voiture l'année prochaine. »

Habsburg reconnaît que les nombreuses rumeurs entourant une éventuelle reprise du programme ont entretenu l'espoir.

Mais il estime que ces spéculations ne correspondent pas nécessairement à la réalité des discussions.

« Je sais qu'il y a beaucoup de rumeurs sur Internet : cela va se faire, cela ne va pas se faire… Tout cela est complètement déconnecté de la réalité. »

Le pilote autrichien conserve néanmoins une vision positive de son avenir.

« Ce métier est absolument merveilleux, mais ce n'est pas le plus sûr. »

Il aimerait évidemment poursuivre l'aventure avec Signatech et l'Alpine A424, mais se prépare à un changement.

« Bien sûr, continuer avec cette équipe et cette voiture serait formidable. Mais autre chose se présentera pour chacun d'entre nous. Dans le sport automobile, les programmes s'arrêtent, les choses changent et d'autres projets apparaissent. »

Victor Martins veut absolument rester en Hypercar

La situation est particulièrement délicate pour Victor Martins.

Contrairement à Gounon et Habsburg, le Français n'a rejoint Alpine que cette saison.

Champion FIA de Formule 3 en 2022, Martins avait trouvé dans le WEC une nouvelle opportunité de carrière au plus haut niveau.

Mais l'arrêt du programme Alpine remet déjà son avenir en question.

« La dernière chose que je souhaite, c'est de me retrouver sans volant et de ne pas courir. »

Le Français travaille activement pour trouver une solution lui permettant de rester en compétition en 2027.

Sa priorité demeure clairement le WEC et la catégorie Hypercar.

« Je cherche à voir s'il existe des possibilités de rester en WEC. Bien sûr, la priorité est de rester en Hypercar. C'est mon objectif principal. »

Martins estime avoir suffisamment démontré son potentiel pour poursuivre dans la catégorie.

« Je pense avoir réalisé de bonnes performances et obtenu de bons résultats pour prouver que je mérite ma place au plus haut niveau. »

Des discussions en Formule E, mais aucune solution confirmée

Victor Martins ne limite cependant pas ses recherches à l'endurance.

Selon les informations rapportées, le Français aurait également échangé avec plusieurs équipes de Formule E, notamment Nissan et Lola.

Ces discussions n'auraient toutefois pas débouché sur un accord.

Martins continue donc d'explorer différentes possibilités.

« En parallèle, je regarde d'autres opportunités. Je ne veux pas me limiter uniquement à cela. »

Le pilote français reste également attentif aux démarches entreprises par Philippe Sinault pour sauver l'équipe.

« Nous savons que Philippe se donne à 100 % pour essayer de trouver une solution. Je suis convaincu que si quelque chose se concrétise, je participerai aux discussions. Mais de mon côté, la situation reste très incertaine. »

Philippe Sinault refuse d'abandonner

Malgré la disparition apparente de la piste Geely, Philippe Sinault assure que les discussions se poursuivent avec plusieurs partenaires potentiels.

Le responsable de Signatech reconnaît cependant être moins optimiste qu'au printemps.

Une échéance importante approche : l'avenir du programme doit être sécurisé d'ici la fin novembre.

Interrogé, Sinault a expliqué qu'il continuait à tout mettre en œuvre pour préserver la présence de son équipe en WEC.

« Nous sommes toujours en contact avec certaines opportunités. Nous faisons vraiment tout notre possible pour dire : nous sommes là et nous pouvons construire quelque chose de très spécial ensemble. »

Le dirigeant français espère qu'un accord pourra encore intervenir dans les dernières semaines.

« Dans les périodes de bouleversement et d'urgence, il arrive parfois, et même souvent, que quelque chose se débloque. »

Sinault reconnaît néanmoins que la situation est devenue plus compliquée.

« Nous croyons toujours en ces opportunités et nous les étudions toutes. Quelque chose peut encore arriver. Pour être honnête, je suis moins serein qu'en avril ou en mai, mais mon travail consiste à être prêt. »

Une équipe toujours mobilisée malgré l'incertitude

Au-delà des négociations, Philippe Sinault a tenu à saluer l'attitude des membres de Signatech.

Alors que l'avenir professionnel d'une partie de la structure reste incertain, les équipes continuent de travailler avec la même détermination sur les circuits.

« Je suis vraiment très impressionné par leur attitude remarquable. »

Le dirigeant reconnaît que cette mobilisation constitue un soutien important dans une période particulièrement difficile.

« Cela m'aide énormément. C'est une période compliquée, mais lorsque nous sommes sur la piste, les choses deviennent plus simples. »

L'objectif sportif reste intact jusqu'à la dernière course.

« Nous voulons gagner une course, monter sur des podiums et prouver à tout le monde que nous sommes toujours une bonne équipe. »

Le WEC pourrait perdre un programme français majeur

L'éventuelle disparition définitive de l'Alpine A424 constituerait une perte importante pour la catégorie Hypercar.

Depuis son arrivée en 2024, le programme français a progressivement gagné en compétitivité, jusqu'à se montrer capable de rivaliser avec les meilleurs constructeurs.

Pour Signatech, l'enjeu dépasse désormais la simple présence d'une voiture sur la grille.

Il s'agit également de préserver une structure expérimentée, ses compétences techniques et les emplois associés au programme.

Une reprise par un constructeur permettrait de conserver une partie de cet ensemble et d'éviter de repartir

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