F1 2026 : Christian Horner révèle les coulisses du moteur Red Bull-Ford et sa plus grande peur


Christian Horner est revenu sur l'un des projets les plus ambitieux de l'histoire de Red Bull Racing : la création de son propre département moteur. L'ancien patron de l'écurie autrichienne reconnaît avoir vécu une aventure particulièrement intimidante, alors que Red Bull ne possédait aucune expérience dans la fabrication de moteurs de Formule 1. La victoire de Max Verstappen en Malaisie, obtenue dès la première saison du groupe propulseur Red Bull-Ford, représente aujourd'hui une immense satisfaction pour le Britannique.

Red Bull Powertrains, le plus grand défi de Christian Horner

Après des années de succès en Formule 1, Christian Horner considère que la création de Red Bull Powertrains constitue probablement le défi le plus difficile de sa carrière à Milton Keynes.

Tout commence en février 2021, lorsque Red Bull décide de développer sa propre division moteur à la suite de l'annonce du retrait de Honda.

Plutôt que de dépendre entièrement d'un motoriste extérieur, l'écurie fait le choix de construire ses propres groupes propulseurs.

Un pari considérable pour une structure historiquement spécialisée dans la conception des châssis.

Dans un entretien, Christian Horner reconnaît l'ampleur du chantier.

« C'était probablement le plus grand défi que j'ai rencontré pendant mon passage chez Red Bull, parce que nous partions de rien. Il n'y avait absolument rien : c'était une véritable start-up. »

« C'était terrifiant, nous n'avions aucune expérience »

L'ancien dirigeant explique que Red Bull a dû créer l'ensemble de son infrastructure industrielle.

Le projet nécessitait non seulement de recruter des ingénieurs spécialisés, mais également de construire des installations capables de fabriquer et de tester des composants de moteurs de Formule 1.

« Nous avons construit notre propre usine de fabrication, avec la production des pistons, l'usinage des cylindres, des blocs moteurs et de nombreux autres éléments. »

Le développement de cette nouvelle activité s'est accompagné de nombreuses incertitudes.

« C'était terrifiant, parce que nous n'avions aucune expérience dans la construction de moteurs. Mais il était essentiel de recruter les bonnes personnes, de leur faire confiance et de leur donner les moyens de réussir. »

Pour Horner, la réussite du programme repose avant tout sur l'engagement des équipes techniques recrutées pour relever ce défi.

Une véritable usine moteur construite à Milton Keynes

Depuis sa création, Red Bull Powertrains s'est progressivement transformé en un centre industriel complet.

Installé sur le campus de Red Bull à Milton Keynes, le bâtiment Jochen Rindt abrite notamment des équipements d'usinage CNC, des installations d'assemblage de culasses et des bancs d'essais moteur.

L'objectif était de disposer des moyens nécessaires pour concevoir, produire, développer et tester les nouveaux groupes propulseurs.

Le constructeur américain Ford a ensuite rejoint l'aventure en tant que partenaire technique et financier.

Cette collaboration s'est notamment concentrée sur les technologies de batteries et l'intégration des systèmes électriques, deux éléments majeurs de la nouvelle réglementation moteur.

L'accord avec Ford est intervenu après l'échec des discussions qui auraient pu conduire Porsche à prendre une participation de 50 % dans le projet.

La victoire de Verstappen en Malaisie, une immense fierté

Le moment le plus symbolique de cette aventure est intervenu lors du Grand Prix de Malaisie 2026.

Max Verstappen y a remporté une victoire au volant de sa Red Bull équipée du nouveau groupe propulseur développé par Red Bull Powertrains avec Ford.

Un succès obtenu dès la seizième course de la première saison de ce moteur.

Pour Christian Horner, ce résultat représente bien davantage qu'une simple victoire en Grand Prix.

« Voir ce moteur gagner dès sa seizième course, pendant sa première année, est une immense source de fierté pour moi. Je pense qu'il y a une énorme fierté à tirer de ce que toutes ces personnes ont accompli. »

Le Britannique estime que la difficulté de construire un moteur compétitif à partir de zéro reste largement sous-estimée.

Battre des motoristes expérimentés avec un projet entièrement nouveau

La réglementation technique introduite en 2026 a profondément transformé les groupes propulseurs de Formule 1, notamment avec une place accrue accordée à l'énergie électrique.

Pour un nouveau motoriste, la difficulté consistait donc à maîtriser simultanément la conception du moteur thermique, les systèmes électriques et leur intégration dans la monoplace.

Red Bull devait également affronter des constructeurs bénéficiant de plusieurs décennies d'expérience dans le développement de moteurs de compétition.

« Je pense qu'à bien des égards, il est facile de sous-estimer les difficultés liées à la création d'un moteur à partir de rien, particulièrement avec la réglementation moteur la plus complexe de l'histoire de ce sport, tout en battant des équipes et des constructeurs beaucoup plus expérimentés. »

La victoire de Verstappen en Malaisie a ainsi validé une étape importante du programme industriel lancé cinq ans auparavant.

Un héritage majeur pour Christian Horner

Même s'il ne dirige plus Red Bull Racing, Christian Horner conserve un attachement particulier au projet Red Bull Powertrains.

La création de cette division aura marqué une transformation profonde de l'organisation, désormais capable de développer ses propres groupes propulseurs.

Pour le Britannique, le succès du programme illustre surtout l'importance des investissements humains et techniques réalisés depuis 2021.

Parti de zéro, Red Bull Powertrains a réussi à remporter un Grand Prix dès sa première saison en Formule 1. Un accomplissement que Christian Horner considère comme l'une des plus grandes fiertés de sa carrière.

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