F1 – McLaren cherche des réponses après Sepang : le MCL40 a perdu son avantage dans les virages rapides


McLaren s’attendait à souffrir à Bakou. Beaucoup moins à Sepang. Sur le papier, le circuit malaisien devait permettre au MCL40 d’exploiter plusieurs de ses principales qualités. Pourtant, l’écurie de Woking n’a jamais réellement été en mesure de s’installer durablement aux avant-postes et a dû se contenter du statut de quatrième force.

Une situation qui intrigue Andrea Stella. Le directeur de McLaren assure que les données ne montrent aucune anomalie particulière sur la monoplace. L’explication pourrait donc être plus préoccupante : les adversaires de McLaren auraient tout simplement progressé davantage au cours des dernières semaines.

Sepang devait pourtant convenir au MCL40

Les caractéristiques du circuit malaisien semblaient relativement favorables à McLaren.

Sepang ne s’est notamment pas montré aussi dépendant de la puissance moteur que d’autres tracés. Audi et Aston Martin ont également démontré qu’un châssis performant pouvait compenser certaines limites du groupe propulseur, notamment dans les portions rapides.

Ce point devait justement favoriser McLaren.

Le MCL40 n’a jamais fait des lignes droites son principal point fort, entre certaines contraintes liées à l’exploitation de la puissance, les rapports de boîte et un déficit d’efficacité aérodynamique. À cela s’est ajouté en Malaisie un problème moteur rencontré par Lando Norris.

Mais après les performances observées en Hongrie, à Zandvoort ou encore à Madrid, McLaren espérait compenser grâce à son niveau d’appui et à son efficacité dans les courbes rapides.

Cela ne s’est pas produit.

« Nous pensions qu’en regardant sa configuration, Sepang serait une bonne piste pour nous », reconnaît Andrea Stella, qui reste donc prudent avant d’évaluer les perspectives de McLaren pour Singapour.

Un asphalte très particulier à Sepang

L’une des pistes étudiées par McLaren concerne le revêtement du circuit.

L’asphalte de Sepang est particulièrement abrasif, davantage encore que celui de Barcelone. Une caractéristique qui influence naturellement le fonctionnement des pneumatiques, mais pas seulement.

Le comportement aérodynamique de la monoplace et le fonctionnement du plancher lorsque la voiture évolue très près du sol peuvent également être affectés. Les équipes doivent alors exploiter leurs voitures dans une fenêtre différente de celle rencontrée sur la majorité des circuits.

« En Malaisie, certaines conditions, notamment liées à l’asphalte, font que la voiture se comporte d’une manière inhabituelle. Et cela ne concerne pas uniquement les pneumatiques », explique Stella.

McLaren veut désormais comparer les données récoltées en Malaisie avec celles de Singapour avant de tirer des conclusions définitives.

McLaren ne détecte aucune anomalie dans ses évolutions

Une autre question concerne directement le développement du MCL40.

McLaren avait notamment apporté un important ensemble d’évolutions à Bakou. Pourtant, selon Stella, l’analyse des données ne montre pas que l’équipe se soit trompée dans la manière d’exploiter sa monoplace.

« Avec les conditions que nous avons rencontrées en Malaisie et à Bakou, nous ne regardons pas les données aujourd’hui en nous disant que nous aurions dû utiliser une configuration différente. »

Selon le patron de McLaren, la monoplace évoluait bien dans la fenêtre recherchée pour générer son niveau d’appui et son adhérence mécanique.

Le problème serait donc davantage lié au potentiel relatif du MCL40 par rapport à ses adversaires.

« Nous avons en réalité augmenté le potentiel de la voiture avec les évolutions. Les informations dont nous disposons nous disent que c’est bien le cas. C’est plutôt la compétitivité en piste qui laisse penser que nous avons perdu du terrain face aux autres. »

Le MCL40 n'est plus la référence dans les courbes rapides

C’est probablement l’élément qui interpelle le plus Andrea Stella.

Quelques semaines auparavant, McLaren semblait posséder l’une des meilleures monoplaces du plateau dans les virages rapides.

Le package introduit à Budapest avait permis au MCL40 de franchir un cap. L’équipe s’était retrouvée en mesure de lutter pour la pole en Hongrie et à Zandvoort, avant de se montrer également très compétitive à Madrid.

« En Hongrie, nous avons introduit des évolutions et nous étions en mesure de nous battre pour la pole, là-bas comme à Zandvoort. Ensuite, à Madrid, nous étions pratiquement en position de décrocher la pole et la victoire sans le Virtual Safety Car », rappelle Stella.

Mais la hiérarchie semble avoir évolué rapidement depuis.

À Sepang, McLaren n’était plus la référence dans les courbes rapides, Ferrari ayant notamment repris l’avantage dans ce domaine.

Une évolution difficile à expliquer uniquement par les nouveautés techniques. Red Bull a effectivement progressé avec son dernier package, mais Ferrari n’avait pas apporté de modification majeure récente en dehors de son moteur, avant de nouvelles évolutions attendues à Austin.

Les rivaux ont-ils simplement mieux développé leur voiture ?

C’est désormais l’une des hypothèses envisagées par McLaren.

Les données internes indiquent que les nouveautés installées sur le MCL40 apportent bien les gains attendus. Mais cela ne signifie pas que ces progrès soient suffisants si Ferrari, Red Bull ou d’autres équipes ont avancé encore plus rapidement.

« Je pense que nous devons analyser notre développement. Nous ne voyons aucune anomalie dans les données, mais nous devons reconnaître que certains de nos adversaires ont potentiellement mieux développé leur voiture », admet Stella.

McLaren ne veut toutefois pas tirer de conclusion définitive après Sepang en raison des caractéristiques très particulières du circuit malaisien.

L’équipe dispose encore de quelques évolutions prévues pour les dernières courses de la saison et espère retrouver suffisamment de performance pour revenir dans la lutte pour les podiums.

Singapour apportera une nouvelle pièce au puzzle

Le prochain rendez-vous devrait permettre à McLaren de poursuivre son enquête.

Singapour comportera de nombreux virages à basse vitesse, un domaine qui a régulièrement posé problème au MCL40 cette saison, même si Madrid avait constitué une exception.

Les équipes utiliseront cependant des configurations à très fort appui. La répétition de virages aux caractéristiques relativement similaires pourrait également faciliter la recherche d’un compromis dans les réglages.

La mise en température du train avant restera l’un des paramètres importants à surveiller.

Singapour ne permettra peut-être pas à McLaren de comprendre immédiatement pourquoi le MCL40 a perdu son statut de référence dans certaines portions rapides, mais le week-end devrait fournir de nouvelles indications.

Car après Bakou et surtout Sepang, la question dépasse désormais celle d'un simple circuit défavorable : McLaren doit déterminer si ses rivaux ont réellement pris l’avantage dans la course au développement.

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