Le passage de Michelin à Pirelli sera l’un des bouleversements majeurs du MotoGP en 2027, en parallèle de l’arrivée des nouvelles motos de 850cc. Mais tous les pilotes n’aborderont pas cette révolution avec la même expérience. Nicolò Bulega a déjà accumulé dix journées d’essais privés avec la nouvelle Ducati, une situation que Pol Espargaró juge clairement « injuste ».
La préparation de la saison 2027 est déjà bien engagée. Deux journées d'essais officielles à huis clos ont été organisées à Brno puis Spielberg, le lundi suivant les Grands Prix concernés.
Plusieurs pilotes titulaires ont ainsi pu découvrir les prototypes 850cc chaussés des nouveaux pneus Pirelli.
Mais ce n'est pas le cas de tout le monde.
Fabio Quartararo, Francesco Bagnaia, Jorge Martín, Ai Ogura, Alex Márquez, Fabio Di Giannantonio ainsi que les rookies Daniel Holgado et David Alonso devront attendre le test de Valence du 1er décembre pour prendre le guidon des nouvelles machines.
Un rendez-vous qui risque en plus d'être fortement dépendant des conditions météorologiques.
Dix jours d’essais pour Bulega
La situation de Nicolò Bulega est radicalement différente.
Le futur pilote VR46 a déjà effectué dix journées d'essais privés avec la Ducati 850cc équipée de pneus Pirelli.
Il pourra également participer aux deux journées du shakedown de Sepang à la fin du mois de janvier, accessibles notamment aux pilotes d'essais et aux rookies.
Cette accumulation de kilomètres lui donnera une expérience très supérieure à celle de la majorité du plateau.
Pour Pol Espargaró, qui a lui-même participé au développement de la KTM 850cc, la différence est considérable.
« C'est complètement fou. Et je dirais même injuste. »
L'Espagnol estime que Bulega ne se contente pas d'apprendre la moto : son important programme d'essais lui permet également de participer directement à son développement.
« Il construit cette moto autour de lui. Elle va être parfaite pour lui. Il va parfaitement connaître la moto et les pneus », estime Espargaró.
Et le pilote d'essais KTM ne cache pas ses attentes : selon lui, l'expérience acquise pourrait permettre à Bulega d'être immédiatement extrêmement performant.
Márquez et Acosta surveillent également Bulega
Pol Espargaró n'est pas le seul à avoir identifié l'Italien comme l'un des pilotes à suivre en 2027.
Interrogés sur le nouveau venu le plus intéressant, Marc Márquez et son futur équipier Ducati Pedro Acosta ont tous les deux cité Bulega.
« Pour moi, c'est Bulega », explique Márquez. « Il teste déjà, il connaît les pneus et je pense qu'il sera rapide. C'est un très bon pilote. »
Acosta partage cette analyse et estime également que l'arrivée des pilotes venant du Moto2 sera intéressante à observer, notamment concernant leur adaptation aux pneus.
Seulement quatre jours pour comprendre une nouvelle MotoGP
La frustration vient aussi de la réduction du nombre de journées d'essais.
Les pilotes titulaires ne disposeront que de deux journées à Sepang au lieu de trois, puis de deux autres à Buriram.
Pour Fabio Di Giannantonio, qui changera également d'équipe, quatre journées représentent très peu de temps pour assimiler autant de nouveautés.
Nouvelle moto, nouveaux pneus et, dans son cas, nouvel environnement technique : l'Italien aurait souhaité davantage de roulage.
Il considère ainsi que les conditions de préparation ne sont actuellement « pas vraiment égales pour tout le monde ».
Alex Márquez nuance néanmoins cette inquiétude. Selon lui, hormis Bulega, les pilotes ayant participé aux premiers essais ne disposeront pas nécessairement d'un avantage déterminant.
Les pneus Pirelli continuent en effet d'évoluer et les spécifications utilisées lors des premiers tests pourraient être différentes de celles qui seront finalement retenues.
Bastianini aurait voulu un test obligatoire pour tous
Enea Bastianini fait partie des pilotes qui auraient souhaité découvrir les Pirelli avant Valence.
Alors qu'il rejoindra Trackhouse Aprilia, l'Italien explique avoir tenté de négocier avec KTM pour participer à un essai avec une 1000cc adaptée aux pneus Pirelli, sans succès.
Il estime même qu'une journée de ce type aurait dû être obligatoire pour l'ensemble des pilotes.
Fabio Quartararo avait également publiquement critiqué Yamaha après que le constructeur ne lui avait pas permis de participer à un essai similaire.
La question risque donc d'accompagner le paddock pendant plusieurs mois : avec dix journées privées déjà effectuées et deux journées supplémentaires de shakedown à venir, Nicolò Bulega arrivera en 2027 avec une connaissance des nouvelles Ducati et Pirelli sans équivalent parmi les futurs titulaires.
Reste à déterminer dans quelle mesure cette expérience se traduira réellement en avantage lorsque la compétition débutera.
