Le Lone Star Le Mans a offert un scénario à suspense jusqu’aux dernières minutes sur le Circuit of The Americas. Après six heures marquées par la pluie, les neutralisations et des stratégies très différentes, la Ferrari 499P n°50 s’est imposée à Austin. Toyota semblait pourtant tenir sa première victoire au COTA avant qu’un problème de pression hydraulique ne frappe la n°7 de Nyck de Vries à une douzaine de minutes de l’arrivée. Cadillac récupère la deuxième place devant Alpine, pénalisée de cinq secondes.
Ferrari tient enfin sa première victoire de la saison 2026 en Championnat du monde d'Endurance.
Et celle-ci s'est dessinée dans les toutes dernières minutes d'une course où Ferrari, Cadillac, Toyota, Alpine et même Aston Martin ont tour à tour occupé les avant-postes.
Une pole Ferrari pour… zéro millième
Le week-end avait déjà commencé par un scénario rarissime.
Lors de l'Hyperpole, Antonio Giovinazzi et Jack Aitken ont réalisé exactement le même chrono : 1:52.445.
Giovinazzi ayant signé son temps en premier, c'est la Ferrari 499P n°51 qui récupère la pole position devant la Cadillac n°38.
Quelques minutes avant le départ, la pluie vient encore compliquer la situation.
Certaines parties du Circuit of The Americas sont détrempées tandis que d'autres commencent déjà à sécher. Deux tours de formation supplémentaires sont nécessaires avant que la course ne soit véritablement lancée.
Giovinazzi conserve alors les commandes devant Aitken.
Ferrari, Cadillac, Alpine et Toyota jouent des stratégies différentes
La première heure est déjà mouvementée.
André Lotterer remonte rapidement avec la Genesis n°17 mais entre en contact avec la Ferrari n°50 lors d'une tentative de dépassement. La Genesis part en tête-à-queue et chute dans le classement.
Devant, Giovinazzi profite notamment d'une première neutralisation et possède 4,679 secondes d'avance sur Aitken après une heure.
Mais les stratégies commencent alors à diverger.
Ferrari, Toyota, Cadillac et Alpine alternent aux commandes en fonction des arrêts et des quantités de carburant embarquées.
Miguel Molina place notamment la Ferrari n°50 en tête durant la deuxième heure.
À mi-course, c'est finalement Earl Bamber et la Cadillac n°38 qui occupent la première position.
Une Virtual Safety Car, transformée ensuite en Safety Car, regroupe le peloton et efface en grande partie les différences stratégiques.
Bamber mène alors devant l'Alpine n°35 d'Antonio Félix da Costa et l'Aston Martin Valkyrie n°007 de Tom Gamble.
La Ferrari n°51 reste dans le match malgré un arrêt particulièrement coûteux lorsque la voiture refuse initialement de redémarrer.
Quatre Hypercars en dix secondes
Dans la seconde moitié de l'épreuve, Toyota devient de plus en plus menaçant.
Les n°7 et n°8 se retrouvent régulièrement aux avant-postes face à Ferrari, Cadillac et Alpine.
À seulement vingt minutes de l'arrivée, la situation est spectaculaire : Toyota n°7, Ferrari n°50, Alpine n°35 et Cadillac n°38 sont regroupées en seulement dix secondes.
Tout est encore possible.
Mais Toyota semble alors avoir pris l'avantage avec Nyck de Vries.
Le constructeur japonais se rapproche d'une victoire historique, puisqu'il n'a encore jamais remporté l'épreuve WEC disputée au COTA.
La Toyota n°7 tombe en panne à 12 minutes de l'arrivée
Puis tout bascule.
À environ douze minutes du drapeau à damier, Nyck de Vries rencontre un problème de pression hydraulique.
La Toyota n°7 perd brutalement les commandes et doit finalement abandonner.
Après avoir remonté le peloton et s'être placée en position de remporter la course, Toyota voit sa première victoire à Austin disparaître à quelques tours de l'arrivée.
Ferrari n'en demandait pas tant.
La n°50 récupère la tête et file vers la victoire.
Ferrari n°50 s'impose, Alpine perd la deuxième place sur pénalité
La Ferrari 499P n°50 d'Antonio Fuoco, Miguel Molina et Nicklas Nielsen franchit finalement la ligne en tête.
C'est la première victoire de Ferrari en WEC cette saison.
Derrière, l'Alpine n°35 semblait initialement avoir sécurisé la deuxième place.
Mais une pénalité de cinq secondes pour unsafe release lors de la dernière séquence d'arrêts bouleverse le podium.
La Cadillac n°38 de Jack Aitken, Sébastien Bourdais et Earl Bamber est ainsi promue deuxième.
L'Alpine n°35 de Charles Milesi, Ferdinand Habsburg et Antonio Félix da Costa conserve néanmoins la troisième place et monte sur le podium.
Podium Hypercar à Austin
1 Ferrari n°50 – Antonio Fuoco / Miguel Molina / Nicklas Nielsen
2 Cadillac n°38 – Jack Aitken / Sébastien Bourdais / Earl Bamber
3 Alpine n°35 – Charles Milesi / Ferdinand Habsburg / Antonio Félix da Costa
Aston Martin gagne en LMGT3
Le spectacle a également été au rendez-vous en LMGT3.
Heart of Racing avait parfaitement lancé son week-end en monopolisant la première ligne des qualifications.
Eduardo Barrichello avait placé l'Aston Martin n°23 en pole avec un chrono de 2:05.160, juste devant la n°27 de Zacharie Robichon.
Les conditions difficiles du début de course ont cependant rapidement bouleversé la hiérarchie.
La Porsche Manthey n°91 prend les commandes durant la première heure devant l'Aston Martin n°27, tandis que la Ferrari AF Corse n°21 reste également dans le groupe de tête.
Plusieurs concurrents rencontrent ensuite des problèmes : pénalités et dégâts pour les Ford Mustang, incidents pour les BMW, problème de direction pour la Porsche n°92 ou encore perte du capot de la Lexus n°78.
Progressivement, la Heart of Racing Aston Martin n°27 s'impose comme la référence.
Sa régularité et son rythme permettent finalement à l'équipage de prendre définitivement l'avantage.
La n°27 décroche ainsi la victoire LMGT3 à domicile.
Podium LMGT3 selon cette source
1 Aston Martin n°27 – Heart of Racing
2 Mercedes-AMG n°61 – Iron Lynx
3 Porsche n°91 – Manthey
Un résultat qui vient compléter une excellente prestation d'Aston Martin à Austin.
Pour Ferrari, cette cinquième manche du WEC restera surtout comme une victoire arrachée dans les dernières minutes, tandis que Toyota pourra longtemps repenser à cette panne hydraulique survenue alors que sa première victoire au COTA semblait enfin à portée de main.
