MotoGP : Adélaïde pourrait ouvrir la voie à de nouveaux Grands Prix en ville, mais Ezpeleta tempère


Le MotoGP s’apprête à expérimenter un concept inédit avec son arrivée à Adélaïde en 2027, en remplacement de Phillip Island pour le Grand Prix d’Australie. Alors que Liberty Media souhaite élargir l’audience du championnat, Carlos Ezpeleta reconnaît que l’expérience australienne pourrait inspirer d’autres villes. Mais le dirigeant prévient : il n’est absolument pas question de transformer une grande partie du calendrier en circuits urbains. Quant au Madring de Madrid, il n’est actuellement pas adapté au MotoGP.

Le MotoGP s'apprête à entrer dans une nouvelle phase de son développement.

Après l'acquisition du championnat par Liberty Media, également propriétaire de la Formule 1, l'un des objectifs affichés est d'élargir son audience et de rapprocher davantage le spectacle du public.

L'arrivée du Grand Prix d'Australie à Adélaïde à partir de 2027 constituera à ce titre un véritable laboratoire.

Le championnat quittera l'emblématique Phillip Island pour une piste installée au cœur d'Adélaïde. Mais Carlos Ezpeleta, CEO adjoint de MotoGP Sports Entertainment Group, insiste sur une nuance importante : il ne s'agira pas d'un circuit urbain classique comparable à Monaco.

Le tracé sera conçu pour répondre aux contraintes très particulières de sécurité imposées par les motos.

Le Madring n'est pas adapté au MotoGP

Avec l'arrivée de la Formule 1 à Madrid, la question d'une éventuelle utilisation du Madring par le MotoGP s'est naturellement posée.

Carlos Ezpeleta écarte cependant cette possibilité dans sa configuration actuelle.

« Madring ne conviendrait pas [au MotoGP] », explique-t-il.

Des modifications pourraient éventuellement être réalisées, notamment en matière de sécurité, mais le dirigeant insiste sur les différences fondamentales entre les projets espagnol et australien.

« Le circuit de Madring et celui d'Adélaïde n'ont rien à voir. »

L'objectif du MotoGP n'est donc pas de reprendre simplement les circuits urbains développés pour la Formule 1.

Adélaïde comme laboratoire grandeur nature

Avant d'imaginer d'autres projets, le championnat veut surtout réussir son arrivée à Adélaïde.

Et le défi technique s'annonce considérable.

Ezpeleta évoque notamment les énormes volumes de gravier nécessaires à l'aménagement des zones de dégagement afin de rendre le circuit compatible avec les exigences du MotoGP.

« Il est important qu'Adélaïde fonctionne bien. Nous avons un travail très important devant nous dans les prochains mois pour en faire un succès. »

Cette première expérience permettra ensuite au championnat d'acquérir un savoir-faire susceptible d'être présenté à d'autres promoteurs.

« Nous allons beaucoup apprendre parce que ce sera la première fois que nous ferons cela. »

Si le concept fonctionne, MotoGP disposera donc d'un modèle concret à proposer aux villes intéressées.

D'autres villes pourraient vouloir reproduire le concept

Carlos Ezpeleta reconnaît qu'un Grand Prix organisé au cœur d'une grande ville présente un potentiel considérable pour développer la popularité du championnat.

L'idée est notamment de permettre à un public qui ne fréquente pas nécessairement les circuits traditionnels de découvrir le MotoGP au plus près.

« Si cet événement se déroule comme prévu, il y aura une énorme attente mondiale autour de la possibilité de faire quelque chose de similaire. »

Pour Ezpeleta, l'expérience proposée au public d'Adélaïde pourrait devenir particulièrement attractive.

« Lorsque les gens dans le centre-ville pourront découvrir le MotoGP d'aussi près, nous allons attirer beaucoup plus de fans. »

Il s'attend ainsi à ce que certaines villes cherchent ensuite à reproduire l'expérience.

Pas question d'avoir un tiers du calendrier en ville

Pour autant, MotoGP ne souhaite pas reproduire massivement la stratégie observée en Formule 1.

Transformer un environnement urbain en circuit suffisamment sûr pour des motos lancées à très haute vitesse est beaucoup plus complexe.

Ezpeleta se montre donc très clair :

« Nous ne voyons pas un tiers ou un quart du calendrier MotoGP devenir comme cela à l'avenir. »

Le dirigeant reconnaît l'existence de marques d'intérêt provenant d'autres circuits ou destinations, mais rappelle qu'un équilibre devra être trouvé entre expansion et réalisme.

Le calendrier ne peut pas non plus accueillir trois ou quatre nouveaux tracés chaque saison.

Adélaïde doit d'abord faire ses preuves

La priorité est donc clairement identifiée : réussir le Grand Prix d'Australie 2027 à Adélaïde.

Ce n'est qu'ensuite que le MotoGP pourra réellement déterminer si ce modèle mérite d'être reproduit ailleurs.

« Il y a des demandes, mais aujourd'hui Adélaïde doit fonctionner correctement », résume Ezpeleta.

Le projet australien pourrait ainsi devenir une étape importante dans l'évolution commerciale du MotoGP sous l'ère Liberty Media. Mais contrairement à la Formule 1, le championnat ne semble pas vouloir abandonner massivement ses circuits permanents au profit des villes.

Adélaïde sera d'abord un test. S'il est concluant, il pourrait en revanche donner des idées à plusieurs grandes villes à travers le monde.

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