La place de l’argent dans le sport automobile fait une nouvelle fois débat aux États-Unis. Après l’altercation entre Landon Huffman et Tyler Reif à Anderson Motor Speedway, l’ancien pilote NASCAR Landon Cassill a livré un point de vue intéressant : selon lui, les jeunes pilotes disposant d’un important soutien familial ne sont pas nécessairement aussi privilégiés qu’on pourrait le penser.
Le débat a été relancé après un incident survenu en août. Mécontent après des dégâts causés à sa voiture, Landon Huffman s'était dirigé vers celle de Tyler Reif, 19 ans, avant de donner un coup de pied dans la portière et de l'accuser notamment d'être un pilote « gâté », présent grâce à la fortune de sa famille.
Une critique régulièrement entendue dans le sport automobile, où le coût d'une carrière peut atteindre des sommes considérables.
Invité du podcast The Money Lap avec Parker Kligerman, Landon Cassill a pourtant proposé une autre lecture de la situation.
« Nous sommes les chanceux »
Cassill a raconté une ancienne discussion avec Corey LaJoie au sujet d'un pilote dont la carrière était largement financée par sa famille. Selon lui, cette situation peut générer une pression considérable.
« Imaginez la pression qu'il subit, sachant qu'il dispose du meilleur matériel. Il sait qu'il dépense l'argent de sa famille. Il ne sait peut-être pas quand cet argent va s'épuiser. Et s'il le sait, c'est encore pire », explique-t-il.
Son raisonnement est simple : disposer d'argent permet certes d'obtenir une opportunité, mais ne garantit absolument pas les résultats.
Cassill prend également son propre cas en exemple. Ses enfants peuvent aujourd'hui pratiquer le karting parce que sa carrière lui permet financièrement de leur offrir cette possibilité. Pour lui, il serait donc hypocrite de reprocher systématiquement aux familles fortunées d'investir dans la carrière de leurs enfants.
Concernant Tyler Reif, il se montre particulièrement clair : « Le gamin n'a pas demandé à naître dans cette situation. Il veut simplement devenir pilote et sa famille possède les ressources pour lui permettre de le faire. Il faut l'accepter. C'est contre ça que vous êtes en compétition. »
L'argent n'est pas un phénomène nouveau
Cassill conteste également l'idée selon laquelle les anciennes générations accédaient au NASCAR uniquement grâce à leur talent.
Il invite les supporters à examiner les débuts de carrière de certains grands noms des années 1980, 1990 et 2000, ainsi que les équipes avec lesquelles ils ont commencé.
« Regardez certains de vos pilotes old-school préférés et certains membres du Hall of Fame. Regardez leurs débuts, pour qui ils pilotaient, puis revenez me voir », lance-t-il.
Cassill reconnaît toutefois comprendre la frustration de pilotes comme Huffman, qui ont construit leur carrière avec des moyens plus limités. Lui-même n'est pas issu d'un milieu défavorisé : son père possédait une concession de voitures d'occasion dans l'Iowa qui a permis de soutenir ses débuts.
Son constat reste néanmoins sans détour : l'argent a toujours fait partie du sport automobile. Et Cassill compte bien, s'il en a les moyens, aider à son tour ses enfants à atteindre le NASCAR.
« C'est simplement ça, la course automobile », résume-t-il.
