Les commissaires ont eu plusieurs dossiers à examiner après la course à Sepang. Lando Norris a reçu une réprimande pour conduite erratique sous régime de Safety Car après avoir dû éviter les voitures devant lui en passant par les graviers. Alex Albon échappe de son côté à toute sanction après un incident avec Oscar Piastri, tandis qu’Audi a reçu une amende de 30 000 euros à la suite du signal de sortie prématuré donné lors de l’arrêt de Nico Hülkenberg.
Les commissaires ont toutefois estimé qu’aucun dépassement illégal n’avait été effectué par Norris sous Safety Car et qu’Audi ne s’était techniquement pas rendu coupable d’un « unsafe release ».
Norris surpris par le ralentissement devant lui
L’incident concernant Lando Norris s’est produit alors que le peloton suivait la voiture de sécurité.
À l’approche du virage 1, plusieurs voitures devant la McLaren ont commencé à ralentir en raison de la monoplace de George Russell, immobilisée avec un problème mécanique avant le premier virage.
Norris a expliqué aux commissaires que le soleil très bas et les mauvaises conditions de visibilité l’avaient empêché de percevoir suffisamment tôt que les pilotes devant lui ralentissaient plus rapidement que prévu.
Le Britannique a ainsi mal évalué sa vitesse de rapprochement.
Lorsqu’il a compris la situation, Norris a fortement freiné et volontairement dirigé sa McLaren vers la gauche, passant sur les vibreurs avant de terminer dans les graviers afin d’éviter une collision.
Norris passe momentanément devant Piastri
En passant sur les vibreurs, Norris a également réduit l’adhérence disponible au freinage, rendant encore plus difficile le ralentissement de sa monoplace.
Dans son mouvement d’évitement, il s’est momentanément retrouvé devant son équipier Oscar Piastri.
Les commissaires ont donc dû déterminer s’il s’agissait d’un dépassement interdit sous Safety Car.
Ils ont finalement conclu que ce n’était pas le cas.
Norris n’avait pas volontairement cherché à dépasser Piastri : il s’était retrouvé devant lui uniquement parce qu’il avait quitté la piste pour éviter l’accident.
Piastri a par ailleurs immédiatement repris sa position alors que Norris se trouvait toujours hors de la piste.
Aucune sanction supplémentaire n’a donc été prononcée pour cet épisode.
Une réprimande pour conduite erratique
Les commissaires ont néanmoins considéré que Norris était responsable de la situation ayant conduit à cette manœuvre d’urgence.
Sous Safety Car, le pilote McLaren aurait dû conserver une marge suffisante avec les voitures placées devant lui et mieux contrôler sa vitesse de rapprochement.
Les mauvaises conditions de visibilité ont été prises en compte, mais elles n’ont pas été considérées comme une circonstance permettant d’excuser son comportement.
Au contraire, les commissaires estiment que Norris aurait justement dû adapter davantage sa vitesse et la distance avec les autres concurrents.
Le fait d’avoir dû effectuer un freinage extrêmement appuyé avant de quitter la piste a démontré qu’il n’avait pas conservé une marge suffisante.
Norris a donc été reconnu coupable de conduite erratique, en infraction avec l’article B5.13.2a du règlement FIA de Formule 1.
La réaction de Norris évite une sanction plus sévère
Les commissaires ont toutefois retenu plusieurs circonstances en faveur du pilote McLaren.
Norris a réagi immédiatement lorsqu’il a compris le danger et sa manœuvre d’évitement a permis d’empêcher tout contact avec les voitures devant lui.
Compte tenu de cette réaction, les commissaires ont considéré qu’une réprimande constituait une sanction appropriée.
Ils ont également étudié son retour en piste.
Lance Stroll se trouvait relativement proche, mais Norris est revenu progressivement sans obliger le Canadien à modifier sa trajectoire ni créer de situation dangereuse.
Son retour a donc été jugé sûr.
Aucun dépassement de Stroll sous Safety Car
Un deuxième point devait encore être vérifié : Norris avait-il dépassé Lance Stroll sous régime de Safety Car après être revenu des graviers ?
L’analyse vidéo a montré que lorsque Norris est revenu, au moins une roue de sa McLaren avait déjà franchi la ligne blanche délimitant la piste.
Il était donc officiellement considéré comme revenu sur la piste.
À cet instant, Norris se trouvait déjà devant Stroll.
Les commissaires ont ainsi estimé que le Britannique n’avait jamais réellement dépassé l’Aston Martin.
Aucune action supplémentaire n’a été prise.
Alex Albon également convoqué après un incident avec Piastri
Un autre épisode impliquant Oscar Piastri a été étudié.
À l’approche de l’entrée des stands, Alex Albon a fortement ralenti alors que la McLaren de l’Australien se trouvait juste derrière lui.
Piastri a dû freiner brutalement et effectuer une manœuvre d’évitement.
Aucun contact ne s’est produit.
Albon a expliqué qu’il venait de constater qu’il se trouvait sous le temps delta imposé et qu’il avait donc dû ralentir pour respecter cette limite avant l’entrée des stands.
Après avoir entendu les explications du pilote Williams, Piastri a lui-même reconnu que la raison du ralentissement était compréhensible.
Les commissaires ont estimé que, malgré le danger potentiel de la situation, Albon avait agi dans le but de respecter les exigences liées au delta.
Aucune infraction n’a donc été retenue contre lui.
Pas d’unsafe release pour Hülkenberg…
Le cas de Nico Hülkenberg était particulièrement attendu.
Lors de son arrêt aux stands, le système automatique d’Audi a initialement affiché le feu vert après le retrait des quatre pistolets pneumatiques et l’activation du système de libération par les mécaniciens.
Problème : un membre de l’équipe se trouvait toujours devant la monoplace, près de la roue avant gauche, après avoir effectué un réglage sur l’aileron avant.
Audi dispose cependant d’un contrôle de sécurité manuel supplémentaire.
Le responsable chargé de cette vérification a immédiatement constaté la présence du mécanicien et le signal est repassé au rouge.
Hülkenberg avait déjà commencé à avancer après avoir aperçu le feu vert, mais il a immédiatement réagi au retour du signal rouge et s’est immobilisé avant de quitter complètement son emplacement.
…mais 30 000 euros d’amende pour Audi
Les commissaires ont étudié la définition précise d’une sortie des stands dans le règlement.
Selon l’article B1.6.2, une voiture est considérée comme libérée de son emplacement lorsque son essieu arrière a dépassé l’endroit précédemment occupé par l’essieu avant lorsque la monoplace était à l’arrêt.
Or Hülkenberg s’est arrêté avant d’atteindre ce point.
Les commissaires ont donc conclu que, malgré le feu vert prématuré et la situation dangereuse créée, il n’y avait techniquement pas eu d’unsafe release.
Le système de sécurité manuel d’Audi a ainsi fonctionné comme prévu en corrigeant immédiatement le signal automatique.
Cela n’exonère cependant pas complètement l’équipe.
Le premier feu vert a été considéré comme dangereux puisqu’un mécanicien se trouvait encore devant la voiture.
Audi reçoit donc une amende de 30 000 euros.
Sur cette somme, 20 000 euros sont assortis d’un sursis jusqu’à la fin de la saison 2026, à condition qu’aucun incident similaire ne se reproduise.
Les commissaires souhaitent ainsi pousser Audi à revoir et, si nécessaire, améliorer sa procédure de libération des voitures après les arrêts.
Les décisions des commissaires
Lando Norris : réprimande pour conduite erratique sous Safety Car. Aucune autre sanction pour son passage momentané devant Piastri, son retour en piste ou l’incident avec Stroll.
Alex Albon : aucune sanction après son ralentissement devant Oscar Piastri.
Nico Hülkenberg : aucun unsafe release retenu.
Audi : 30 000 € d’amende, dont 20 000 € avec sursis jusqu’à la fin de la saison 2026.
