Isack Hadjar avait toutes les cartes en main pour décrocher un nouveau podium en Formule 1 lors du Grand Prix de Bahreïn. Auteur d’une prestation particulièrement solide malgré un départ depuis la huitième position, le Français occupait la troisième place dans les derniers tours avant qu’un mystérieux problème de déploiement de la batterie de sa Red Bull ne ruine ses espoirs. Dépassé par Lewis Hamilton puis Charles Leclerc après la dernière relance, Hadjar a finalement terminé cinquième et n’a pas caché sa frustration.
Pendant que Max Verstappen offrait à Red Bull sa première victoire de la saison, son équipier quittait Bahreïn avec le sentiment d’avoir laissé échapper un résultat qui lui semblait largement accessible.
Un début de Grand Prix déjà mouvementé
Le week-end d’Isack Hadjar avait été compliqué par une pénalité moteur qui l’obligeait à partir seulement huitième.
Les conditions humides ont encore ajouté de la difficulté.
Dès le tour de formation, le Français est passé par les graviers alors qu’il tentait de trouver les limites d’adhérence.
Mais lorsque la course a finalement été lancée, Hadjar s’est montré beaucoup plus à son avantage avec les pneus intermédiaires.
Dès le sixième tour, il dépasse Liam Lawson et s’empare de la quatrième position.
Hadjar résiste à Hamilton
Une fois installé dans le groupe de tête, Hadjar réussit à conserver sa quatrième place pendant une grande partie de la course.
Lewis Hamilton remonte progressivement dans le classement avec sa Ferrari et se rapproche de la Red Bull, mais le Français parvient à résister.
Les performances d’Hadjar sont d’autant plus convaincantes que son rythme reste relativement proche de celui de Max Verstappen.
Sur les 30 tours effectués sous drapeau vert, Hadjar ne perd en moyenne que 0,881 seconde par tour sur son équipier, futur vainqueur de la course.
Tout change au 50e tour.
George Russell abandonne et Hadjar hérite de la troisième position.
Le podium est alors à portée de main.
La batterie lâche Hadjar au pire moment
L’intervention de la voiture de sécurité prépare un sprint final de seulement quatre tours.
Mais au moment de la relance, Hadjar comprend immédiatement que quelque chose ne fonctionne plus correctement.
La Red Bull manque soudainement de performance, particulièrement dans les lignes droites.
« Aucun rythme. Quelque chose n’allait pas parce que je ne peux pas être soudainement une seconde au tour plus lent », déplore Hadjar.
Le Français ne comprend pas comment une voiture compétitive durant l’ensemble du week-end peut soudainement perdre autant de terrain.
« Pendant tout le week-end, nous étions plus rapides. Et maintenant, en course, nous étions complètement nulle part. La voiture était horrible à piloter. »
Mais le problème le plus pénalisant se situe au niveau de la batterie.
« Dans les deux derniers tours, je ne sais pas comment nous avons pu nous retrouver sans batterie. Dans les lignes droites, je ne pouvais pas me défendre contre les Ferrari. Nous perdons le podium pour quelque chose d’aussi stupide. »
Hamilton et Leclerc en profitent
Hadjar devient alors une cible facile pour les Ferrari.
Au 53e tour, Lewis Hamilton dépasse le Français au premier virage et lui subtilise la troisième position.
Charles Leclerc réussit ensuite à passer à son tour.
En quelques instants, Hadjar chute donc de la troisième à la cinquième place.
Une situation d’autant plus frustrante que le problème semble ensuite s’atténuer.
Hadjar ne met pas en cause le moteur Red Bull
Le Français tient d’ailleurs à préciser que son problème ne venait pas directement de l’unité de puissance.
Selon lui, c’est surtout le comportement du déploiement électrique lors des premiers tours suivant la relance qui doit être compris.
« L’unité de puissance allait bien. C’est simplement que pendant les deux premiers tours après la relance, je ne sais pas pourquoi nous étions aussi bas en batterie. Ensuite, cela s’est stabilisé et j’étais de nouveau rapide. Sinon, j’aurais conservé la troisième place. »
Hadjar évoque également un manque d’adhérence perceptible avant même que le Safety Car ne s’efface.
« Même derrière la voiture de sécurité, je sentais que je n’avais pas de grip et que la relance allait être difficile pour moi. J’avais l’impression d’être toujours sur les mêmes pneus. »
Sa conclusion est particulièrement sévère :
« C’est une blague. »
« C’est un désastre pour moi »
La frustration est d’autant plus forte qu’Hadjar estime avoir démontré tout au long du week-end qu’il disposait du rythme nécessaire pour se battre aux avant-postes.
Il veut désormais comprendre précisément l’origine du problème avant le prochain rendez-vous.
« J’ai été plutôt rapide pendant tout le week-end. Nous devons résoudre ce problème, revenir à Singapour et faire mieux. »
Le contraste est saisissant dans le garage Red Bull.
Max Verstappen a transformé sa pole position en victoire et décroché son premier succès de la saison.
Red Bull réalise également une excellente opération au championnat constructeurs puisque son retard sur McLaren, qui était encore de 76 points deux courses auparavant, n’est désormais plus que de 18 unités.
Mais Hadjar avait bien du mal à se satisfaire du résultat collectif.
« Je suis content pour les gars, mais ce n’est pas une bonne journée pour moi. C’est un désastre pour moi. »
Un podium qui semblait à sa portée
Au-delà de la cinquième place finale, c’est surtout la manière dont le podium s’est échappé qui laisse un goût amer.
Parti huitième après sa pénalité moteur, Hadjar avait surmonté des conditions délicates, remonté jusqu’à la quatrième position et résisté à la pression des Ferrari.
L’abandon de Russell lui avait ensuite ouvert les portes de la troisième place.
Mais lorsque la course s’est jouée sur les quatre derniers tours, sa Red Bull n’était plus en mesure de se défendre correctement.
La priorité est désormais claire pour Red Bull : comprendre pourquoi le déploiement de la batterie a brutalement chuté après la dernière relance.
Pour Hadjar, le potentiel affiché à Bahreïn constitue malgré tout un signal fort. Mais après avoir été aussi proche du podium, la cinquième place avait forcément des allures de défaite.
