Le retour de la Formule 1 en Malaisie s’accompagne d’une difficulté inattendue pour les pilotes. Après les premières séances d’essais libres disputées à Sepang, Charles Leclerc, Oliver Bearman et Alex Albon ont notamment pointé du doigt un revêtement particulièrement abrasif et glissant. Avec des températures de piste proches des 60°C vendredi, la gestion des pneumatiques pourrait devenir l’une des clés du week-end.
Absent du calendrier depuis 2017, le circuit de Sepang retrouve la Formule 1 avec un tracé toujours apprécié des pilotes, mais un asphalte qui pourrait fortement influencer les performances et les stratégies.
Leclerc rapide mais méfiant
Charles Leclerc a pourtant terminé la deuxième séance d’essais libres au sommet de la feuille des temps. Une performance encourageante pour Ferrari, qui n’a cependant pas totalement rassuré le Monégasque.
Leclerc a surtout insisté sur le très faible niveau d’adhérence rencontré lors de cette première journée.
« Aujourd’hui, les conditions étaient vraiment, vraiment, vraiment mauvaises, donc c’était très glissant », a expliqué le pilote Ferrari après les essais libres.
Pour Leclerc, l’un des principaux défis sera désormais d’anticiper l’évolution de la piste. Avec les passages successifs des monoplaces et le dépôt de gomme, les conditions pourraient être sensiblement différentes lors des qualifications.
« Nous devons être bons pour anticiper les sensations que nous aurons demain, lorsque la piste sera dans un meilleur état. Ce sera très important pour réussir notre journée. »
Ferrari devra donc éviter de tirer des conclusions trop rapides de sa première place en EL2. Les réglages efficaces vendredi pourraient ne pas produire exactement les mêmes résultats lorsque l’adhérence augmentera.
Un asphalte extrêmement abrasif
Oliver Bearman a lui aussi apprécié le tracé de Sepang, mais beaucoup moins son revêtement.
Le pilote Haas compare même son niveau d’abrasivité à celui rencontré à Bahreïn.
« J’aime vraiment piloter sur ce tracé. Le seul problème, c’est que cet asphalte est incroyablement rugueux. C’est comme Bahreïn en termes d’abrasivité et, sur ce genre de pistes, vous avez toujours beaucoup moins d’adhérence. La voiture bouge beaucoup plus. »
Bearman estime que cette caractéristique enlève une partie du plaisir procuré par le circuit.
« C’est un peu moins agréable à piloter que certains autres circuits, probablement moins amusant qu’il y a dix ans. Je n’étais évidemment pas là à l’époque, mais le tracé reste vraiment plaisant. C’est simplement dommage que l’asphalte soit aussi vieillissant, même si c’est normal avec ce type de climat. »
La surface de la piste n’ayant pas bénéficié d’une réfection complète depuis la dernière période où la F1 se rendait à Sepang, son vieillissement constitue désormais une donnée importante pour les équipes.
Sepang, un circuit nouveau pour une grande partie du plateau
Le retour de la Malaisie présente une autre particularité : une grande partie des pilotes actuels n’a encore jamais disputé de Grand Prix de Formule 1 à Sepang.
La dernière édition remontant à 2017, plusieurs membres de la grille découvrent réellement le circuit au volant d’une F1.
Cela ajoute une difficulté supplémentaire à un week-end déjà compliqué par la chaleur, le manque d’adhérence et l’importante dégradation des pneumatiques.
Les voitures ont également profondément changé depuis la dernière apparition de Sepang au calendrier. Les nouvelles réglementations et la gestion de l’énergie électrique donnent une dimension supplémentaire à la préparation de la course.
Sur un tracé comprenant plusieurs longues accélérations et de nombreuses zones techniques, le déploiement et la récupération de l’énergie pourraient ainsi jouer un rôle important.
Albon prédit une course stratégique
Alex Albon partage l’avis de ses concurrents concernant l’état du revêtement, même s’il considère que cette particularité contribue aussi à donner du caractère au circuit.
« J’aimerais que l’asphalte soit un peu meilleur. Mais cela crée aussi du caractère. Il est extrêmement agressif. Je pense que les stratégies dimanche seront vraiment intéressantes », a expliqué le pilote Williams.
Les premières séances semblent déjà confirmer cette possibilité.
Durant les EL1 et les EL2, plusieurs pilotes ont rencontré des difficultés pour trouver de l’adhérence tandis que la dégradation des pneus s’est rapidement imposée comme un sujet majeur.
Avec une piste approchant les 60°C, les gommes sont soumises à des contraintes particulièrement importantes. Si des températures similaires se maintiennent pour la course, les équipes devront surveiller attentivement l’usure et la surchauffe.
Le choix des composés, le nombre d’arrêts et la capacité à préserver les pneumatiques sur les longs relais pourraient alors prendre davantage d’importance que sur d’autres circuits.
Une inconnue supplémentaire avant les qualifications
La difficulté consiste désormais à déterminer à quelle vitesse la piste va évoluer.
Après plusieurs années sans accueillir la Formule 1, Sepang devrait progressivement se gommer au fil du week-end. Le niveau d’adhérence pourrait donc augmenter de manière importante entre les essais du vendredi et les qualifications.
Les équipes doivent ainsi trouver un compromis : comprendre les difficultés rencontrées lors des premières séances sans construire leurs réglages autour de conditions susceptibles de ne plus exister vingt-quatre heures plus tard.
Leclerc l’a parfaitement résumé : savoir anticiper l’évolution du circuit pourrait être aussi important que la performance pure de la monoplace.
Entre un tracé que beaucoup découvrent, un asphalte très abrasif, des températures extrêmes et une forte dégradation des pneus, le retour de Sepang promet en tout cas de mettre les pilotes, les ingénieurs et les stratèges à rude épreuve.
