Charles Leclerc n’a pas cherché d’excuses après le Grand Prix disputé à Sepang. Quatrième derrière son équipier Lewis Hamilton, monté sur le podium, le Monégasque estime que Ferrari a obtenu quasiment le meilleur résultat possible compte tenu du déroulement de la course. Il reconnaît néanmoins une erreur d’appréciation stratégique au départ et considère que la Scuderia doit encore progresser dans les situations météorologiques incertaines, citant notamment Red Bull comme référence.
La pluie avait profondément bouleversé les plans des équipes avant même le départ. Après l’averse ayant entraîné un important retard, Ferrari a choisi d’envoyer ses deux pilotes en piste avec des pneus slicks tendres alors que le circuit de Sepang restait encore très humide.
Un pari qui n’a pas produit les effets espérés.
Ferrari a mal évalué les conditions au départ
Charles Leclerc ne remet pas uniquement en cause la décision de Ferrari.
Le Monégasque rappelle qu’une grande partie du plateau avait effectué un choix similaire.
« En réalité, je pensais que nous avions pris la bonne décision parce que la majorité de la grille, je crois 13 voitures, était en pneus slicks », explique-t-il.
Avec une piste évoluant rapidement, déterminer le bon pneumatique représentait un véritable pari.
Leclerc reconnaît cependant que Ferrari n’a pas parfaitement interprété la situation.
« Je pense que nous avons mal évalué les conditions. »
L’un des choix possibles aurait notamment été de différencier les stratégies entre Hamilton et Leclerc afin de couvrir plusieurs scénarios.
« L’un des deux pilotes aurait forcément eu une course terrible »
Leclerc reconnaît néanmoins qu'une stratégie divisée comporte également un risque important.
Dans ce type de conditions, il est très difficile de trouver un compromis.
« C’est vrai que, dans ces conditions, l’un des deux pilotes est probablement condamné à vivre une course terrible alors que l’autre profite d’un excellent choix, parce qu’il n’y a pas vraiment de juste milieu dans ce genre de situation. »
Ferrari a finalement préféré adopter la même approche avec ses deux voitures.
Avec le recul, Leclerc estime toutefois que certaines équipes semblent mieux maîtriser ces situations.
Leclerc cite Red Bull en exemple
Le pilote Ferrari a notamment évoqué Red Bull lorsqu’il lui a été demandé où la Scuderia devait progresser.
« Il y a clairement des équipes qui prennent constamment de meilleures décisions dans ces conditions », estime-t-il.
Et pour Leclerc, une formation se distingue particulièrement.
« Je pense notamment à Red Bull et, sur cet aspect, nous devons franchir un cap. »
Une déclaration qui met en lumière un domaine dans lequel Ferrari peut encore progresser : la lecture en temps réel des conditions et la capacité à prendre rapidement des décisions lorsque la météo bouleverse les scénarios établis.
Une première partie de course très compliquée
Le début de Grand Prix a concentré une grande partie des difficultés rencontrées par Ferrari.
Entre la piste humide, le choix des pneus et des conditions particulièrement délicates, Leclerc estime que pratiquement tous les scénarios défavorables se sont produits.
« Je pense que tout ce qui pouvait mal se passer pendant la première partie de la course s’est mal passé. »
La situation s’est ensuite complètement inversée.
Lorsque la piste s’est améliorée et que la course est devenue plus conventionnelle, Ferrari a retrouvé un rythme nettement plus intéressant.
« Tout ce qui pouvait bien se passer pendant la deuxième partie s’est bien passé. »
Hamilton troisième, Leclerc quatrième
Ferrari quitte finalement Sepang avec un résultat solide.
Lewis Hamilton décroche la troisième place et permet à la Scuderia de retrouver le podium, tandis que Charles Leclerc termine quatrième.
Pour le Monégasque, difficile d’imaginer obtenir beaucoup mieux compte tenu du niveau de performance disponible.
« Je pense qu’aujourd’hui nous ne pouvions pas espérer mieux qu’une troisième et une quatrième place. »
Leclerc va même plus loin en estimant qu’un Grand Prix disputé dans des conditions normales n’aurait probablement pas permis à Ferrari de viser davantage.
« Cela n’aurait pas été possible non plus dans une course normale. »
Le résultat final correspond donc, selon lui, au potentiel réel de la monoplace.
« Après la pluie, la course a été un peu plus serrée que je ne l’aurais souhaité, mais le résultat final est celui que nous méritions. »
Ferrari conforte sa deuxième place chez les constructeurs
Cette troisième place de Hamilton et la quatrième position de Leclerc constituent également une excellente opération comptable.
Ferrari reste deuxième du championnat du monde des constructeurs et porte désormais son avance sur McLaren à 89 points.
La Scuderia profite notamment d'un deuxième Grand Prix consécutif compliqué pour l'équipe britannique.
Même si Ferrari peut regretter sa gestion du début de course, les points engrangés à Sepang renforcent donc sa position au championnat.
Les F1 actuelles peuvent-elles réellement courir sous la pluie ?
Le Grand Prix a également relancé le débat concernant la capacité des monoplaces actuelles à évoluer dans des conditions très humides.
Après les difficultés rencontrées pendant les premiers tours de formation, Leclerc a été interrogé sur ce sujet.
Pour lui, les voitures restent pilotables sous la pluie.
« Il y a évidemment des risques, mais oui, ces voitures peuvent être conduites dans ces conditions. »
Le problème se situe ailleurs.
Leclerc explique que certaines situations deviennent particulièrement désagréables lorsque le pilote perd une partie de son contrôle direct sur le comportement de la monoplace.
« Ce que nous n’aimons pas, et je pense que c’est un avis partagé par tous les pilotes, ce sont les situations où nous n’avons pas le contrôle total de la voiture ni de la puissance délivrée par l’unité de puissance. »
Ferrari progresse, mais Leclerc attend mieux dans les décisions
Avec un podium pour Hamilton, une quatrième place pour Leclerc et une avance portée à 89 points sur McLaren chez les constructeurs, Ferrari peut quitter Sepang avec un bilan comptable positif.
Mais Leclerc ne veut pas masquer les faiblesses observées au départ.
La Scuderia a mal évalué les conditions et le Monégasque estime que Ferrari doit devenir plus efficace lorsque la météo impose de prendre des décisions rapides et difficiles.
Red Bull représente, selon lui, l’une des références dans ce domaine.
Dans une saison où quelques points peuvent faire une différence importante, Ferrari sait donc précisément sur quel aspect elle doit encore progresser.
