Un pari audacieux pour Fabio Quartararo
La saison 2025 de Yamaha en MotoGP tourne au chemin de croix. En difficulté chronique face à Ducati, Aprilia ou encore KTM, la firme d’Iwata mise sur un tout nouveau moteur V4 pour tourner la page de son historique quatre-cylindres en ligne. Mais ce projet, encore embryonnaire, n’avance pas au rythme espéré.
Fabio Quartararo, pilote phare du team Yamaha Factory Racing, a pourtant lancé un message clair : il est prêt à faire rouler cette machine même si elle s’avère plus lente que la M1 actuelle, à condition que l’écart ne dépasse pas une demi-seconde au tour.
“Il fallait déjà la tester”
Quartararo ne cache pas sa frustration : selon lui, Yamaha aurait dû mettre la V4 entre ses mains bien plus tôt.
« J’avais envie de l’essayer depuis longtemps. Pour moi, la moto aurait déjà dû être testée en piste. Mais ce n’est pas moi qui décide : Yamaha craint que la machine ne soit pas assez prête », a-t-il confié.
L’échéance fixée est désormais connue : le test de Misano, en septembre, où le Français découvrira enfin la V4. Un retard qui cristallise les critiques, d’autant que les dernières courses, comme le GP d’Autriche où Yamaha a terminé aux quatre dernières places, ont confirmé l’ampleur du retard.
Vers une mise en course dès 2025 ?
Malgré les doutes, Quartararo adopte une attitude pragmatique : il préfère savoir où se situe réellement Yamaha, quitte à courir avec une moto imparfaite.
« Il faut un changement. Et tester en conditions réelles est la meilleure façon de comprendre notre position. Si la différence avec la moto actuelle reste dans la limite des 0,5 seconde, alors c’est suffisant pour tenter en course », explique-t-il.
Un seuil qui marque la ligne rouge pour le champion du monde 2021 : au-delà, la V4 ne serait pas compétitive. Mais si l’écart reste contenu, elle pourrait être alignée en Grand Prix dès cette saison.
Des tests encore peu convaincants
Le mystère entoure toujours les performances réelles de la Yamaha V4. Peu d’informations filtrent, mais son coéquipier Alex Rins a lâché une révélation inquiétante : lors de tests en juillet, la machine aurait accusé un retard de deux secondes au tour face à la M1 actuelle.
Si ce chiffre se confirmait, la V4 ne pourrait logiquement pas apparaître en course avant 2026. Mais Quartararo, conscient que le statu quo n’est pas une option, préfère garder espoir et pousser Yamaha à accélérer.
Un tournant décisif
L’avenir de Yamaha en MotoGP repose en grande partie sur ce pari technologique. La transition vers un moteur V4 est un choix stratégique majeur, qui conditionnera sa compétitivité pour les années à venir. Pour Fabio Quartararo, il s’agit d’un combat personnel : il veut retrouver une machine capable de rivaliser avec les leaders, quitte à prendre des risques dès maintenant.
Avec un calendrier qui avance vite et une patience qui s’amenuise, le test de Misano pourrait bien être le moment de vérité.
