Après un début de saison 2026 prometteur, Haas a progressivement reculé dans la hiérarchie de la Formule 1. Oliver Bearman ne cherche d'ailleurs pas à masquer la situation : selon le Britannique, son équipe possède actuellement la dixième monoplace du plateau.
L'écurie américaine refuse toutefois d'abandonner le développement de la VF-26 pour se tourner prématurément vers 2027. Ayao Komatsu veut comprendre et résoudre les problèmes fondamentaux de la voiture. Une nouvelle étape importante est justement attendue ce week-end à Monza, où Haas introduira un nouveau package d'évolutions.
Un début de saison qui avait pourtant donné de l’espoir
Le scénario semblait pourtant beaucoup plus encourageant lors des premières semaines de la saison.
Haas avait marqué des points lors des trois premiers Grands Prix, avec notamment une remarquable cinquième place d'Oliver Bearman en Chine.
Cette compétitivité en début de championnat n'était pas totalement inhabituelle pour l'équipe américaine.
Historiquement, Haas a régulièrement été capable de commencer une saison avec une monoplace performante avant de perdre progressivement du terrain lorsque ses adversaires accélèrent leur développement.
En 2025, l'équipe avait justement réussi à inverser cette tendance.
« 2025 a vraiment été la première année pour nous, ou l'une des très rares, où nous avons semblé avoir un bon rythme tout au long de la saison », explique Bearman.
Haas était même parvenue à améliorer sa position relative au fil du championnat.
Mais en 2026, les vieux démons sont revenus.
Bearman : « Nous avons été dépassés »
La VF-26 possédait une base intéressante en début de saison, mais Haas n'est pas parvenue à suivre le rythme de développement de ses adversaires.
Des équipes du milieu de grille comme Alpine et Racing Bulls ont progressivement pris l'avantage.
Bearman ne cherche pas d'excuses.
« 2026 ressemble davantage à ce que nous avons connu chez Haas par le passé : commencer incroyablement fort avec une voiture très rapide comme base, mais ne pas réussir à progresser comme les autres. »
Le constat suivant est encore plus brutal.
« Très franchement, nous avons été dépassés. Actuellement, nous sommes la dixième meilleure équipe. »
Une situation particulièrement difficile à accepter pour le jeune Britannique.
« Cela fait vraiment mal, à moi comme à tous les autres. Nous travaillons énormément pour que ce ne soit pas le cas, mais c'est la réalité de notre situation actuelle. »
Plus aucun point depuis Monaco
Les résultats illustrent parfaitement cette perte de compétitivité.
Haas n'a plus marqué le moindre point depuis le Grand Prix de Monaco en juin, lorsque Esteban Ocon avait réussi à terminer neuvième.
Depuis, l'équipe souffre notamment d'un comportement trop irrégulier de la VF-26.
Le problème ne concerne donc pas uniquement la quantité d'appui aérodynamique disponible. Haas éprouve également des difficultés à exploiter constamment le potentiel de sa monoplace.
Et pour Ayao Komatsu, cette situation doit absolument être comprise.
Komatsu reste convaincu que Haas sait développer une F1
Le patron de l'écurie refuse néanmoins l'idée selon laquelle Haas serait structurellement incapable de faire progresser une monoplace pendant une saison.
Les deux dernières années lui ont au contraire apporté certaines certitudes.
« Au cours des deux dernières années, je pense que nous nous sommes prouvé, ainsi qu'au monde extérieur, que nous étions capables de développer la voiture. Nous avons les personnes nécessaires et le département technique fonctionne. »
Le problème réside également dans la taille relativement modeste de Haas.
Pour rivaliser avec des structures disposant de davantage de ressources, l'équipe doit maximiser pratiquement chaque décision.
« Pour avoir la moindre chance de suivre les autres compte tenu de la taille de notre équipe, tout doit être parfait. Mais ce n'est tout simplement pas réaliste. »
L’évolution de Montréal n’a pas tout résolu
Komatsu cite notamment le package introduit à Montréal comme exemple.
Certaines nouveautés ont effectivement amélioré les performances de la VF-26.
D'autres ont en revanche entraîné des conséquences indésirables.
« Certaines pièces ont fonctionné et rendu la voiture plus rapide, mais d'autres n'étaient pas parfaites. Elles ont également rendu la voiture plus difficile à piloter. »
Haas doit donc désormais comprendre pourquoi certaines évolutions théoriquement positives peuvent dégrader le comportement général de la monoplace.
Pour Komatsu, il s'agit même de l'un des principaux objectifs de la fin de saison.
Haas refuse d’abandonner la VF-26
Avec des résultats en baisse, une question revient naturellement : pourquoi ne pas abandonner le développement de la monoplace 2026 pour consacrer toutes les ressources disponibles à 2027 ?
Ayao Komatsu refuse cette approche.
Selon lui, passer directement à la prochaine voiture sans avoir compris les problèmes actuels ne ferait que repousser les difficultés.
« Si nous disons : “Très bien, nous avons bien commencé 2026 mais nous avons ensuite reculé, c'est la première année du règlement, passons à 2027”, alors nous n'aurons pas résolu le problème fondamental. »
Et les conséquences pourraient dépasser le simple domaine technique.
Komatsu veut que les membres de l'équipe conservent leur confiance dans leur capacité à trouver des solutions.
« Ils doivent croire en eux-mêmes. »
Le Japonais estime justement que la cohésion acquise au cours des deux dernières saisons permet aujourd'hui à Haas de continuer à chercher une issue à ses difficultés.
Un nouveau package attendu à Monza
La prochaine tentative aura lieu dès ce week-end au Grand Prix d'Italie.
Haas apportera de nouvelles pièces pour la VF-26 à Monza.
« Ce week-end, nous apportons un nouveau package d'évolutions sur la voiture », confirme Komatsu.
Les essais libres seront donc particulièrement importants.
« Il sera essentiel de maximiser notre temps de roulage, d'évaluer complètement nos données et de continuer à pousser dans la bataille du milieu de grille. »
L'objectif est clair : vérifier immédiatement si ces nouveautés permettent à Haas de récupérer une partie du terrain perdu.
Bearman reste prudent face aux évolutions
Oliver Bearman préfère toutefois ne pas considérer ce nouveau package comme une solution miracle.
Selon lui, Haas possède déjà suffisamment de potentiel sur la VF-26 pour réaliser un bond en avant sans même ajouter de nouvelles pièces, à condition de comprendre comment exploiter correctement la voiture.
Le Britannique prend l'exemple des différences observées entre Spa et Budapest.
« Nous avons de nouvelles pièces qui arrivent, mais d'une certaine manière nous restons très sceptiques. »
Les variations de performance peuvent être énormes d'un week-end à l'autre.
« Nous avons des écarts d'appui équivalents à la taille d'une évolution. Si j'ai ici la voiture que j'avais à Spa, c'est comme si nous avions installé une évolution. »
« Faire fonctionner la voiture correctement, c’est gratuit »
Bearman met ainsi en avant un paradoxe intéressant.
Développer une nouvelle évolution aérodynamique peut coûter plusieurs millions, alors qu'exploiter correctement le potentiel déjà présent sur la monoplace ne nécessite théoriquement aucune nouvelle pièce.
« Une évolution, je ne sais pas exactement combien cela coûte, mais probablement plusieurs millions. Si nous arrivons à comprendre comment faire fonctionner notre voiture, c'est gratuit. »
À l'inverse, une évolution qui ne fonctionne pas correctement ne procure évidemment aucun bénéfice.
« Si nous recevons l'évolution mais qu'elle ne fonctionne pas, c'est comme si nous ne l'avions jamais reçue. »
Pour Bearman, Haas doit donc travailler simultanément sur deux fronts : améliorer la VF-26 et surtout mieux comprendre son fonctionnement.
Haas espère au moins quitter la dernière place à Monza
Malgré ses déclarations particulièrement sévères sur la situation actuelle de son équipe, Oliver Bearman se montre légèrement plus optimiste pour le Grand Prix d'Italie.
Il pense que Haas peut au moins passer du statut de dixième à neuvième force du plateau.
Et une équipe est particulièrement visée : Aston Martin.
La formation britannique a récemment profondément modifié son AMR26 et semble avoir quitté le fond de grille.
À Budapest notamment, Aston Martin s'était montrée plus performante ou, au minimum, beaucoup plus régulière que Haas.
Mais Bearman estime que les caractéristiques de Monza pourraient inverser la tendance.
« Nous nous attendons à les battre à Monza, où la puissance joue un rôle important. »
Monza, un test crucial pour la suite du projet Haas
Le Grand Prix d'Italie représentera donc bien davantage qu'un simple rendez-vous supplémentaire pour Haas.
L'équipe doit d'abord déterminer si son nouveau package produit réellement les gains attendus. Elle devra ensuite vérifier si elle est capable de stabiliser le comportement d'une VF-26 dont les performances fluctuent trop fortement d'un circuit à l'autre.
Surtout, Ayao Komatsu refuse de contourner le problème en abandonnant simplement cette voiture pour se tourner vers 2027.
Haas veut démontrer qu'elle peut identifier ses faiblesses, les comprendre puis les corriger.
Après avoir marqué des points lors des trois premières courses avant de sombrer progressivement jusqu'au dernier rang de la hiérarchie, Monza pourrait donc constituer un tournant important pour la fin de saison de l'écurie américaine.
